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Bruno Serralongue

2 juillet - 23 septembre

10H00 - 19H30

Au terme de plusieurs décennies de guerre civile opposant l’armée nationale soudanaise aux rebelles du sud du pays aboutissant à la signature d’un accord de paix en 2005 et à l’enclenchement d’un processus d’indépendance supervisé par l’ONU, le Sud-Soudan accéda officiellement à son indépendance le 9 juillet 2011. À cette occasion, trois jours de cérémonie furent organisés dans la nouvelle capitale, Juba (Djouba), en présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement. L’une des raisons qui m’a amené à me rendre à Juba pourrait être, après tout, de ne pas ressentir la déception de Serge Daney lorsqu’il exprime, en 1994, sa tristesse « de ne pouvoir [s]e rendre dans les nouveaux pays qui viennent de s’ouvrir : Oulan-Bator, que sais-je... Je sais très bien ce que je ferais à Oulan-Bator : rien, j’enverrais une carte postale... Mais ça m’aurait bien plu. En voyage, il y a l’idée d’être réduit à son propre corps. Il m’est arrivé d’avoir ce fantasme de partir sans bagages et de tout acheter dans un aéroport. Ne pas avoir sa maison avec soi et se dire : le monde est mon pays, les aéroports en sont les supermarchés ». Il me semble que ces phrases ont joué un rôle dans l’élaboration de mon travail photographique. En tout cas, je ne les ai pas conservées par hasard tout ce temps. Il ne s’agit cependant pas pour moi de suivre le programme de Daney, ne rien faire, être là et envoyer une carte postale. Outre le rapport à la photographie, nous avons en commun la curiosité de voir un mouvement à son commencement. Un mouvement dont, en tant qu’individu, je suis totalement extérieur. La place allouée à l’individu photographe « qui ne sert à rien » (n’étant ni citoyen de ce nouveau pays ni journaliste envoyé couvrir l’événement ni un officiel invité) constitue bien le point de départ de ma problématique, à Juba comme ailleurs. Les sujets des
photographies sont autant ce qui est cadré que la distance éthique, politique et juridique prise (ou qu’on me laisse prendre) par rapport à cet événement.
Bruno Serralongue
photographies sont autant ce qui est cadré que la distance éthique, politique et juridique prise (ou qu’on me laisse prendre) par rapport à cet événement.

Bruno Serralongue

Exposition réalisée avec la collaboration de la galerie Air de Paris, Paris. Tirages réalisés par Cyclope, Paris.
Encadrements réalisés par Deuxième Œil, Michel Sélim Création, Paris.
Exposition présentée aux Forges, parc des Ateliers.
Exposition réalisée avec la collaboration de la galerie Air de Paris, Paris.
Tirages réalisés par Cyclope, Paris.
Encadrements réalisés par Deuxième Œil, Michel Sélim Création, Paris.
Exposition présentée aux Forges, parc des Ateliers.