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Erwan Morère

Très loin à l'est, il y a l'ouest/2

2 juillet - 23 septembre

10H00 - 19H30

Croiser une photographie d’Erwan Morère n’est pas sans conséquence. Tant pis, trop tard. Voilà, ça y est... Vous savez, cette impression d’être accroché au passage, d’être happé, d’être emporté, de se dire que, si je descends en marche, c’est le cassage de gueule assuré. Alors il ne faut pas regarder ces photos, ou alors accepter le voyage, partager la vision des grandes étendues que nous donne Erwan. Ces territoires semi- désertiques, ces immensités, plutôt du Nord dans cette série, du Grand Nord même, là où, très loin à l’est il y a l’Ouest et inversement, Mongolie, Islande, Canada... qu’il parcourt sans s’arrêter en train, en avion, en voiture, en stop... On devient compagnon de voyage. Même là sur le bord de la route, même quand ça fait six heures qu’on attend et qu’Erwan, nous montre là-bas, au loin, des maisons, des hommes ou des animaux, même un cirque. Mais la plupart du temps on partage ce flux, ce tourbillon qui brouille la vision, une contemplation en mouvement. Il parle de territoire, il dit aussi que le train, la voiture, le déplacement sont aussi des territoires. Il n’y a pas de calcul, pas d’enquête. Il part, improvisation pure. Mais le Nord, la neige souvent, pourquoi? Parce que Erwan a une famille. Et cette famille vient d’un pays du nord de l’Europe. Son grand-père pourrait s’appeler Christer Strömholm et son père Anders Petersen. Donc le noir et blanc est là. Voilà, on n’en parle plus. C’est comme ça. Une vision, une certaine abstraction. Ces plages de blancs, de noirs, de gris qui nous caressent ou nous piquent. Et puis il y a un chouïa d’Hiroshi Sugimoto. Mais quel photographe de cette espèce n’a pas un grain de Sugimoto ? Le problème avec la photographie d’Erwan Morère, c’est que, une fois accroché, happé, emporté, on n’a vraiment plus envie d’en sortir, de s’en échapper parce qu’il nous amène dans des territoires inconnus à ce jour qu’il nous fait découvrir.
Jean-Luc Amand Fournier, commissaire d’exposition et enseignant à l’ENSP.
Croiser une photographie d’Erwan Morère n’est pas sans conséquence. Tant pis, trop tard. Voilà, ça y est... Vous savez, cette impression d’être accroché au passage, d’être happé, d’être emporté, de se dire que, si je descends en marche, c’est le cassage de gueule assuré. Alors il ne faut pas regarder ces photos, ou alors accepter le voyage, partager la vision des grandes étendues que nous donne Erwan. Ces territoires semi- désertiques, ces immensités, plutôt du Nord dans cette série, du Grand Nord même, là où, très loin à l’est il y a l’Ouest et inversement, Mongolie, Islande, Canada... qu’il parcourt sans s’arrêter en train, en avion, en voiture, en stop... On devient compagnon de voyage. Même là sur le bord de la route, même quand ça fait six heures qu’on attend et qu’Erwan, nous montre là-bas, au loin, des maisons, des hommes ou des animaux, même un cirque. Mais la plupart du temps on partage ce flux, ce tourbillon qui brouille la vision, une contemplation en mouvement. Il parle de territoire, il dit aussi que le train, la voiture, le déplacement sont aussi des territoires. Il n’y a pas de calcul, pas d’enquête. Il part, improvisation pure. Mais le Nord, la neige souvent, pourquoi? Parce que Erwan a une famille. Et cette famille vient d’un pays du nord de l’Europe. Son grand-père pourrait s’appeler Christer Strömholm et son père Anders Petersen. Donc le noir et blanc est là. Voilà, on n’en parle plus. C’est comme ça. Une vision, une certaine abstraction. Ces plages de blancs, de noirs, de gris qui nous caressent ou nous piquent. Et puis il y a un chouïa d’Hiroshi Sugimoto. Mais quel photographe de cette espèce n’a pas un grain de Sugimoto ? Le problème avec la photographie d’Erwan Morère, c’est que, une fois accroché, happé, emporté, on n’a vraiment plus envie d’en sortir, de s’en échapper parce qu’il nous amène dans des territoires inconnus à ce jour qu’il nous fait découvrir.

Jean-Luc Amand Fournier, commissaire d’exposition et enseignant à l’ENSP.

Tirages et encadrements réalisés par l’atelier Voies Off, Arles.
Exposition présentée à la Grande halle, parc des Ateliers.