En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies.   En savoir plus Fermer

Philippe Braquenier

ARTISTE PRÉSENTÉ PAR
Galerie The Ravestijn, Amsterdam, Pays-Bas

EARTH NOT A GLOBE

Earth Not a Globe tire son nom de l’ouvrage fondateur de l’une des plus extrêmes théories du complot, selon laquelle la Terre serait plane et non sphérique. Étayée par Samuel Birley Rowbotham à la fin du xixe siècle, elle a depuis lors réuni une large communauté d’adeptes dont les propos se répandent aujourd’hui de façon virale.

Pour ce projet, Philippe Braquenier opère une plongée au cœur des mécanismes discursifs à l’œuvre dans les thèses conspirationnistes. Il y épingle une série d’énoncés « platistes » qu’il passe au tamis de son expérience singulière. Pour ce faire, il s’empare des procédés utilisés par les disciples de Rowbotham et s’emploie à démontrer par l’image les mêmes expériences empiriques. À force de manipulations, fragmentations, détournements et montages, il en arrive à fabriquer lui aussi des pièces à conviction. Dépouillées de leur contexte et accompagnées de légendes concises, chacune d’elles pourrait nous faire douter de la rotation de la Terre ou de l’existence de la gravité. À cela près que l’auteur rend visibles les marques de ses interventions plastiques, comme autant d’indices de son processus de travail. En combinant ainsi les codes de la photographie documentaire et une subjectivité nettement affirmée, il semble emprunter un chemin résolument réflexif sur sa pratique. On y questionne en effet aussi bien la rhétorique complotiste que les stéréotypes et automatismes qui informent son regard de photographe.

À l’ère de la post-vérité et de l’information mondialisée, son travail engage in fine une réflexion critique sur notre rapport aux images et leur potentiel pouvoir conspirateur.

Marie Papazoglou


PHILIPPE BRAQUENIER
Né en 1985 à Mons, Belgique.
Vit et travaille à Bruxelles, Belgique.
Philippe Braquenier est fasciné par le savoir ; intrigué par la façon dont il est collecté, utilisé, partagé et stocké. Il illustre ces notions avec des photographies de centres de données où les informations de l’humanité sont stockées, ou à travers des images de films photographiques exposés mais non révélés. Le travail de Braquenier porte un discours sur notre obsession de préserver l’information à une époque où les données deviennent de plus en plus omniprésentes et pourtant d’autant plus invisibles.

Commissaire de l’exposition : Marie Papazoglou.