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CLARISSE HAHN

PRINCES DE LA RUE

Un quartier populaire à Paris, son marché, ses trafics, ses kebabs, les corps qui se croisent et parfois s’exhibent. L’argent circule aussi vite que les regards. Les vendeurs de cigarettes règnent sous le métro aérien de Barbès. Les hommes y sont des as de l’observation, rien ne leur échappe. Les Princes de la rue s’inscrivent dans les Boyzone, travail au long cours dans lequel Clarisse Hahn observe ces situations où le corps des hommes chorégraphie leurs rapports à l’espace public comme dans l’intimité. Des corps, des regards : les films et les photographies de Clarisse Hahn consacrés aux communautés et aux rituels vont au-delà du consentement de l’Autre à être regardé. Ils montrent comment l’être social peut faire du regard que l’on porte sur lui un moyen d’expression : se donner à voir sans se faire avoir. Mobilisant les images d’archives, Clarisse Hahn crée une désynchronisation qui témoigne de généalogies invisibles. Ces jeunes hommes sont les descendants de héros français recrutés au temps des colonies. Barbès, cour des miracles, abrite les anciens comme les exclus. Ceux-là portent à leur tour les stigmates d’une histoire qui peine à cicatriser.

Michel Poivert

Tirages réalisés par Laboratoire Cyclope, Paris.
Encadrements réalisés par Circad, Paris.

Avec le soutien de KADIST.

Clarisse Hahn est nommée dans le cadre du Prix de la Photo Madame Figaro 2021.