Édition 2010

Prisons

Derrière le mur des idées reçues

60 000 détenus dans les prisons françaises. Le problème ne devrait pas être si dur à régler ! Les Rencontres étant à leur façon un média, cette exposition basée sur le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté en France, Jean-Marie Delarue, montre combien l’univers carcéral français est loin d’être un lieu d’aide à la réinsertion, mais plutôt une insulte à la condition humaine et invite à dépasser les idées reçues sur la prison. Cette exposition montre aussi les limites de la photographie, qui ne dit pas les nuances qui font le drame des misères du quotidien. Une télé- vision, un atelier de travail, une bibliothèque sur une photo semblent offrir des possibilités aux prisonniers qui, en fait, n’existent pas pour la plupart d’entre eux et en tout cas pas sur une base régulière. L’hygiène et la sécurité sont bafouées quotidiennement, les misères morales le lot quotidien, les lois comme le salaire minimum ou l’accès à la santé sont transgressées par l’État lui-même, tout cela ne se voit pas sur une photo. À l’inverse, l’image d’une prison neuve semble une solution, or l’image ne dit pas que le taux de suicide y est plus important que dans les prisons vétustes. Trois personnes dans une cellule, cela se voit, ce qui ne se voit pas, c’est qu’un détenu debout signifie que deux sont allongés car il est impossible de s’asseoir. Un détenu passant 22 heures sur 24 dans sa cellule, on imagine dans quel état psychique et physique sont les détenus.
Loin d’un reportage, cette exposition est une alerte sur un outil trop mal connu de notre démocratie.
François Hébel, commissaire de l’exposition.
60 000 détenus dans les prisons françaises. Le problème ne devrait pas être si dur à régler ! Les Rencontres étant à leur façon un média, cette exposition basée sur le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté en France, Jean-Marie Delarue, montre combien l’univers carcéral français est loin d’être un lieu d’aide à la réinsertion, mais plutôt une insulte à la condition humaine et invite à dépasser les idées reçues sur la prison. Cette exposition montre aussi les limites de la photographie, qui ne dit pas les nuances qui font le drame des misères du quotidien. Une télévision, un atelier de travail, une bibliothèque sur une photo semblent offrir des possibilités aux prisonniers qui, en fait, n’existent pas pour la plupart d’entre eux et en tout cas pas sur une base régulière. L’hygiène et la sécurité sont bafouées quotidiennement, les misères morales le lot quotidien, les lois comme le salaire minimum ou l’accès à la santé sont transgressées par l’État lui-même, tout cela ne se voit pas sur une photo. À l’inverse, l’image d’une prison neuve semble une solution, or l’image ne dit pas que le taux de suicide y est plus important que dans les prisons vétustes. Trois personnes dans une cellule, cela se voit, ce qui ne se voit pas, c’est qu’un détenu debout signifie que deux sont allongés car il est impossible de s’asseoir. Un détenu passant 22 heures sur 24 dans sa cellule, on imagine dans quel état psychique et physique sont les détenus. Loin d’un reportage, cette exposition est une alerte sur un outil trop mal connu de notre démocratie.

François Hébel, commissaire de l’exposition.
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