En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies.   En savoir plus Fermer

ENSP Promotion 2010

Une attention particulière

3 juillet - 19 septembre

10H00 - 19H30

On aimerait avancer ici que les œuvres d’art ne sont pas à interpréter, mais que c’est le contraire qu’il faudrait affirmer : ce sont des objets interprétants, des objets de pensée à recevoir. Voilà le travail de l’artiste d’abord, ensuite celui du spectateur, de l’historien ou de l’essayiste. C’est encore celui de l’enseignant qui, dans une école d’art, a ce privilège inouï d’assister sinon à la naissance d’une œuvre (on ne sait jamais trop quand elle commence) du moins de l’accompagner dans son élaboration, d’en mesurer l’état d’avancement et, par des questionnements incessants avec l’auteur, constate avec lui, au bout de quelques années, qu’il a, sous les yeux, des formes construites, colorées, savantes, aux formats distincts, avec parfois d’étranges titres.
Il se souvient alors de ce qui s’est passé, de tous les chemins de traverse dans lesquels son interlocuteur s’est engagé. Il se rappelle tous les mots entendus, échangés avec lui, peut-être imprécis, sûrement maladroits mais nécessaires à ce moment-là.
Ou encore ces références qui déferlaient, prises dans l’histoire de la photo- graphie ou ailleurs, dans la littérature, le cinéma, de leurs emprises et de la fascination qu’elles exerçaient.
Il se souvient enfin d’avoir, sinon partagé, du moins d’avoir été un des témoins de ces zones de turbulences qui accompagnent toujours toutes les créations mais qui, aujourd’hui, sont maîtrisées, comme un fleuve dont le cours impétueux poursuivrait sa route et que des bords solides mais invisibles contiendraient.
Je fus donc le témoin de ces quatre œuvres naissantes :
- celle de Lucile Chombart de Lauwe enquêtant sur les travailleurs de nuit où « tout est compliqué, plus long, plus lent », a-t-elle entendu, a-t-elle vu ; - celle d’Olivia Pierrugues, où la douceur et la violence se mêlent dans les images des corps mêlés comme sous les mots eux aussi calmes et brutaux qui les accompagnent ; - celle de Maria-do-Mar Régo où les notions de territoires, frontières, identités sont travaillées par la mémoire et le souvenir qui resurgissent depuis « la maison sans maître » ;
- celle de Léa Habourdin qui souligne notre impossibilité à nous, humains, d’habiter des mondes animaux et même de s’en approcher sauf sous la forme d’une image. Après trois années d’études à l’ENSP, il nous reste ce formidable défilé d’images et d’expériences photographiques singulières.
Christian Milovanoff
www.enp-arles.com
Exposition présentée à la chapelle Saint-Blaise.
On aimerait avancer ici que les œuvres d’art ne sont pas à interpréter, mais que c’est le contraire qu’il faudrait affirmer : ce sont des objets interprétants, des objets de pensée à recevoir. Voilà le travail de l’artiste d’abord, ensuite celui du spectateur, de l’historien ou de l’essayiste. C’est encore celui de l’enseignant qui, dans une école d’art, a ce privilège inouï d’assister sinon à la naissance d’une œuvre (on ne sait jamais trop quand elle commence) du moins de l’accompagner dans son élaboration, d’en mesurer l’état d’avancement et, par des questionnements incessants avec l’auteur, constate avec lui, au bout de quelques années, qu’il a, sous les yeux, des formes construites, colorées, savantes, aux formats distincts, avec parfois d’étranges titres. Il se souvient alors de ce qui s’est passé, de tous les chemins de traverse dans lesquels son interlocuteur s’est engagé. Il se rappelle tous les mots entendus, échangés avec lui, peut-être imprécis, sûrement maladroits mais nécessaires à ce moment-là. Ou encore ces références qui déferlaient, prises dans l’histoire de la photographie ou ailleurs, dans la littérature, le cinéma, de leurs emprises et de la fascination qu’elles exerçaient. Il se souvient enfin d’avoir, sinon partagé, du moins d’avoir été un des témoins de ces zones de turbulences qui accompagnent toujours toutes les créations mais qui, aujourd’hui, sont maîtrisées, comme un fleuve dont le cours impétueux poursuivrait sa route et que des bords solides mais invisibles contiendraient. Je fus donc le témoin de ces quatre œuvres naissantes :
- celle de Lucile Chombart de Lauwe enquêtant sur les travailleurs de nuit où « tout est compliqué, plus long, plus lent », a-t-elle entendu, a-t-elle vu ;
- celle d’Olivia Pierrugues, où la douceur et la violence se mêlent dans les images des corps mêlés comme sous les mots eux aussi calmes et brutaux qui les accompagnent ;
- celle de Maria-do-Mar Régo où les notions de territoires, frontières, identités sont travaillées par la mémoire et le souvenir qui resurgissent depuis « la maison sans maître » ;
- celle de Léa Habourdin qui souligne notre impossibilité à nous, humains, d’habiter des mondes animaux et même de s’en approcher sauf sous la forme d’une image.
Après trois années d’études à l’ENSP, il nous reste ce formidable défilé d’images et d’expériences photographiques singulières.

Christian Milovanoff

Exposition présentée à la chapelle Saint-Blaise.