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La collection Marin Karmitz

Traverses

3 juillet - 19 septembre

10H00 - 19H30

Homme d’images s’il est en est, Marin Karmitz, cinéaste, producteur, créateur et animateur du réseau de salles MK2, est d’abord connu pour sa relation passionnée à l’image en mouvement. On sait moins que celui qui fut également photographe au temps de son engagement politique militant a réuni, à côté d’une collection exceptionnelle d’œuvres d’art qui reste son jardin secret, une collection photographique tout à fait originale. Elle est d’abord constituée d’ensembles cohérents et copieux qui disent sa fidélité à des artistes dont il suit et accompagne passionnément la création en mouvement. Et elle refuse de se plier aux distinctions factices entre «art» et «documentation» qui empoisonnent, depuis si longtemps, la perception de la photographie. C’est ainsi que, de façon tout à fait naturelle, Christer Strömholm côtoie Christian Boltanski, qu’Antoine d’Agata dialogue avec Chris Marker, qu’Annette Messager rencontre Johan van der Keuken ou qu’Anders Petersen et Abbas Kiarostami voisinent avec Gotthard Schuh et bien d’autres. Mais cette constance dans l’attention amicale à des œuvres en train de se construire n’exclut en rien les coups de cœur pour des pièces isolées qui, toutes, entrent en écho avec des préoccupations, à la fois esthétiques et éthiques, de celui qui vit au quotidien avec les images qu’il a acquises. Kertèsz ou Doisneau, Brassaï et Michael Ackerman, Larry Fink et Douglas Gordon, Hiroshi Sugimoto, Shirin Neshat ou Miroslav Tichy s’entendent à mer- veille dans une vision qui se préoccupe tout autant de l’homme, des sentiments, du temps que de la sincérité à l’œuvre dans la création. Et les échos au cinéma, non calculés, sont nombreux, essentiels certainement. Une collection, dans la générosité du partage qu’implique son exposition au public, est aussi une manière de se dévoiler, de se dire. De se confier ? Sans doute, mais ici sans narcissisme mais dans l’affirmation de choix, d’une façon de percevoir et de voir.
C’est ce que veut tenter de respecter et de mettre en avant un parcours, d’étape en étape, d’artiste en artiste, où chacun conserve sa singularité et son autonomie alors même qu’il est en train de participer à l’élaboration et à l’affirmation d’un point de vue global.
Christian Caujolle, commissaire associé de l’exposition.
Exposition présentée à l’église des Frères Prêcheurs.
Homme d’images s’il en est, Marin Karmitz, cinéaste, producteur, créateur et animateur du réseau de salles MK2, est d’abord connu pour sa relation passionnée à l’image en mouvement. On sait moins que celui qui fut également photographe au temps de son engagement politique militant a réuni, à côté d’une collection exceptionnelle d’œuvres d’art qui reste son jardin secret, une collection photographique tout à fait originale. Elle est d’abord constituée d’ensembles cohérents et copieux qui disent sa fidélité à des artistes dont il suit et accompagne passionnément la création en mouvement. Et elle refuse de se plier aux distinctions factices entre «art» et «documentation» qui empoisonnent, depuis si longtemps, la perception de la photographie. C’est ainsi que, de façon tout à fait naturelle, Christer Strömholm côtoie Christian Boltanski, qu’Antoine d’Agata dialogue avec Chris Marker, qu’Annette Messager rencontre Johan van der Keuken ou qu’Anders Petersen et Abbas Kiarostami voisinent avec Gotthard Schuh et bien d’autres. Mais cette constance dans l’attention amicale à des œuvres en train de se construire n’exclut en rien les coups de cœur pour des pièces isolées qui, toutes, entrent en écho avec des préoccupations, à la fois esthétiques et éthiques, de celui qui vit au quotidien avec les images qu’il a acquises. Kertèsz ou Doisneau, Brassaï et Michael Ackerman, Larry Fink et Douglas Gordon, Hiroshi Sugimoto, Shirin Neshat ou Miroslav Tichy s’entendent à merveille dans une vision qui se préoccupe tout autant de l’homme, des sentiments, du temps que de la sincérité à l’œuvre dans la création. Et les échos au cinéma, non calculés, sont nombreux, essentiels certainement. Une collection, dans la générosité du partage qu’implique son exposition au public, est aussi une manière de se dévoiler, de se dire. De se confier ? Sans doute, mais ici sans narcissisme mais dans l’affirmation de choix, d’une façon de percevoir et de voir. C’est ce que veut tenter de respecter et de mettre en avant un parcours, d’étape en étape, d’artiste en artiste, où chacun conserve sa singularité et son autonomie alors même qu’il est en train de participer à l’élaboration et à l’affirmation d’un point de vue global.

Christian Caujolle, commissaire associé de l’exposition.

Exposition présentée à l’église des Frères Prêcheurs.