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Exposition présentée par la Fondation Luma

Luke Fowler et Peter Hutton

3 juillet - 19 septembre

10H00 - 19H30

Luke Fowler (né en 1978) est une figure clé de la scène artistique de Glasgow, où il travaille en tant que cinéaste, archiviste, commissaire d’expositions et musicien. Il contribue activement à la scène musicale expérimentale avec ses groupes Rude Pravo et Lied Music qui privilégient tous les deux l’enregistrement en extérieur et les instruments modifiés ou inventés. Fowler dirige également la plate-forme multimédia SHADAZZ dont l’activité comprend la production d’albums en collaboration avec d’autres musiciens et artistes. La collaboration est d’une grande importance dans son processus créatif ; il passe aisément d’un rôle à l’autre.
Le cœur des films de Fowler recèle des éléments tels que l’histoire obsolète et oubliée, les idées et idéologies radicales et expérimentales, ainsi que leurs protagonistes. What You See Is Where You’re At (2001) se penche sur « l’expérience de Kingsley Hall » entreprise par le psychanalyste et écrivain écossais R.D. Laing. The Way Out (2003, collaboration avec Kosten Koper) dresse le portrait de Xentos « Fray » Bentos, membre original du groupe The Homosexuals, et examine ce personnage à multiples facettes grâce à un jeu mettant en scène les formes contradictoires et fragmentaires. Bogman Palmjaguar (2007) raconte l’histoire d’un homme qui a tourné le dos à l’humanité pour se retirer dans la nature, après avoir été diagnostiqué comme schizophrène.
À la fois improvisés et extrêmement construits, ses collages cinématographiques démantèlent l’approche conventionnelle de la biographie filmée. Les sujets, méticuleusement documentés par Fowler, représentent tous des personnages qui défient les normes socio culturelles. En appliquant, intuitivement, la logique, l’esthétique et la vision politique de ses sujets aux films qu’il leur dédie, Fowler tisse des narrations atmosphériques, échantillonnées, qui font écho à la vitalité des person- nages étudiés. À travers films, photographies et documents d’archives, il nous invite à un voyage sans objectif fixé, sous la forme d’une réponse
critique à l’idée du documentaire comme vérité unique. Il nous entraîne à travers un entremêlement et des couches de rushes d’archives – sources photographiques, visuelles, esquisses, son, musique, entretiens – qui représentent autant de recherches d’informations. Tout cela flotte sur des vagues, avec des hauts, des bas, interval- les, pauses, silences. Ses films ne racontent pas une histoire ; ils participent à une histoire. On y ressent une forme d’organisation propre. Défiant les conventions du film documentaire classique, Fowler en détourne la syntaxe structurelle pour en explorer les limites et les dogmes. Il s’aligne sur les traditions du Free cinema et de la Nouvelle Vague britannique de la fin des années 1950 et des années 1960. À la question « Quel est, ou quels sont, vos héros, héroïnes ou influences ? », il répond : « Je n’ai plus de héros. Quant à mes influences, elles changent avec une régularité telle qu’il serait impossible d’en faire le tour, mais en voici quelques-unes au hasard : Robert Beavers, Toshiya Tsunoda, Hollis Frampton, Peter Hutton, Frederik Wiseman, Lee Patterson, Cluster, Alvin Lucier, Helmut Lachenmann, Arnold Brown, Eric La Casa, Barry Burns, Delia Derbyshire, Franco Battiato, Alasdair Roberts, Hugh Davies, RD Laing, les voyages en train. Au risque de paraître sentimental, mon influence la plus durable, c’est les promenades avec mes amis et ma famille. »
Pour l’exposition présentée à l’Hôtel du Cloître, Luke Fowler a invité un de ses « héros », le cinéaste Peter Hutton, à partager l’espace et le temps de l’exposition, afin de créer une expérience parallèle constituée des films des deux artistes et des photographies de Fowler.
Peter Hutton (né en 1944 à Detroit) est l’un des portraitistes cinématographiques de paysages urbains et naturels les plus passionnés et les plus poétiques. Ancien de la marine marchande, il passe près de quarante ans à sillonner le monde, souvent en cargo, créant des études sublimement contemplatives, à la photographie lumineuse, qui rappellent le journal intime, de lieux allant du fleuve Yangtsé à la ville industrielle polonaise de Lodz, en passant par le nord de l’Islande et un cimetière de bateaux sur la côte du Bangladesh. L’artiste se voue à faire revivre une manière plus méditative, plus spontanée, d’observer et d’envisager le monde, lorsqu’il cherche le souvenir d’une ville dont le passé s’estompe, ou qu’il médite sur les effets atmosphériques fugaces de la nature. Hutton se fait sculpteur du temps : chaque film se déroule dans une rêverie silencieuse, accompagnée d’une série de plans fixes pris depuis un point unique, qui font écho aux origines du cinéma et aux traditions en peinture et en photographie fixe. « Comme avec les haïkus de Bash, note le professeur de cinéma Tom Gunning, ces films en apparence simples recèlent des enseignements sur l’art de voir et de façonner des images qui nous poussent à nous demander comment quelqu’un peut produire quelque chose d’aussi humble, et en même temps d’aussi stupéfiant. »
HUO/BR.
Exposition dirigée par Hans-Ulrich Obrist et Beatrix Ruf.
Exposition présentée à l’Hôtel du Cloître.
Luke Fowler (né en 1978) est une figure clé de la scène artistique de Glasgow, où il travaille en tant que cinéaste, archiviste, commissaire d’expositions et musicien. Il contribue activement à la scène musicale expérimentale avec ses groupes Rude Pravo et Lied Music qui privilégient tous les deux l’enregistrement en extérieur et les instruments modifiés ou inventés. Fowler dirige également la plate-forme multimédia SHADAZZ dont l’activité comprend la production d’albums en collaboration avec d’autres musiciens et artistes. La collaboration est d’une grande importance dans son processus créatif ; il passe aisément d’un rôle à l’autre.Le cœur des films de Fowler recèle des éléments tels que l’histoire obsolète et oubliée, les idées et idéologies radicales et expérimentales, ainsi que leurs protagonistes. What You See Is Where You’re At (2001) se penche sur « l’expérience de Kingsley Hall » entreprise par le psychanalyste et écrivain écossais R.D. Laing. The Way Out (2003, collaboration avec Kosten Koper) dresse le portrait de Xentos « Fray » Bentos, membre original du groupe The Homosexuals, et examine ce personnage à multiples facettes grâce à un jeu mettant en scène les formes contradictoires et fragmentaires. Bogman Palmjaguar (2007) raconte l’histoire d’un homme qui a tourné le dos à l’humanité pour se retirer dans la nature, après avoir été diagnostiqué comme schizophrène. À la fois improvisés et extrêmement construits, ses collages cinématographiques démantèlent l’approche conventionnelle de la biographie filmée. Les sujets, méticuleusement documentés par Fowler, représentent tous des personnages qui défient les normes socio culturelles. En appliquant, intuitivement, la logique, l’esthétique et la vision politique de ses sujets aux films qu’il leur dédie, Fowler tisse des narrations atmosphériques, échantillonnées, qui font écho à la vitalité des personnages étudiés. À travers films, photographies et documents d’archives, il nous invite à un voyage sans objectif fixé, sous la forme d’une réponse critique à l’idée du documentaire comme vérité unique. Il nous entraîne à travers un entremêlement et des couches de rushes d’archives – sources photographiques, visuelles, esquisses, son, musique, entretiens – qui représentent autant de recherches d’informations. Tout cela flotte sur des vagues, avec des hauts, des bas, interval- les, pauses, silences. Ses films ne racontent pas une histoire ; ils participent à une histoire. On y ressent une forme d’organisation propre. Défiant les conventions du film documentaire classique, Fowler en détourne la syntaxe structurelle pour en explorer les limites et les dogmes. Il s’aligne sur les traditions du Free cinema et de la Nouvelle Vague britannique de la fin des années 1950 et des années 1960. À la question « Quel est, ou quels sont, vos héros, héroïnes ou influences ? », il répond : « Je n’ai plus de héros. Quant à mes influences, elles changent avec une régularité telle qu’il serait impossible d’en faire le tour, mais en voici quelques-unes au hasard : Robert Beavers, Toshiya Tsunoda, Hollis Frampton, Peter Hutton, Frederik Wiseman, Lee Patterson, Cluster, Alvin Lucier, Helmut Lachenmann, Arnold Brown, Eric La Casa, Barry Burns, Delia Derbyshire, Franco Battiato, Alasdair Roberts, Hugh Davies, RD Laing, les voyages en train. Au risque de paraître sentimental, mon influence la plus durable, c’est les promenades avec mes amis et ma famille. » Pour l’exposition présentée à l’Hôtel du Cloître, Luke Fowler a invité un de ses « héros », le cinéaste Peter Hutton, à partager l’espace et le temps de l’exposition, afin de créer une expérience parallèle constituée des films des deux artistes et des photographies de Fowler. Peter Hutton (né en 1944 à Detroit) est l’un des portraitistes cinématographiques de paysages urbains et naturels les plus passionnés et les plus poétiques. Ancien de la marine marchande, il passe près de quarante ans à sillonner le monde, souvent en cargo, créant des études sublimement contemplatives, à la photographie lumineuse, qui rappellent le journal intime, de lieux allant du fleuve Yangtsé à la ville industrielle polonaise de Lodz, en passant par le nord de l’Islande et un cimetière de bateaux sur la côte du Bangladesh. L’artiste se voue à faire revivre une manière plus méditative, plus spontanée, d’observer et d’envisager le monde, lorsqu’il cherche le souvenir d’une ville dont le passé s’estompe, ou qu’il médite sur les effets atmosphériques fugaces de la nature. Hutton se fait sculpteur du temps : chaque film se déroule dans une rêverie silencieuse, accompagnée d’une série de plans fixes pris depuis un point unique, qui font écho aux origines du cinéma et aux traditions en peinture et en photographie fixe. « Comme avec les haïkus de Bash, note le professeur de cinéma Tom Gunning, ces films en apparence simples recèlent des enseignements sur l’art de voir et de façonner des images qui nous poussent à nous demander comment quelqu’un peut produire quelque chose d’aussi humble, et en même temps d’aussi stupéfiant. »

HUO/BR.

Exposition dirigée par Hans-Ulrich Obrist et Beatrix Ruf.
Exposition présentée à l’Hôtel du Cloître.