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Augusto Ferrari

3 juillet - 19 septembre

10H00 - 19H00

En 1914, quand Augusto Ferrari arrive en Argentine, c’est un artiste expérimenté et en pleine maturité qui, déjà en Italie, a utilisé la photographie dans son œuvre picturale. Les photos les plus anciennes de cet ensemble – et aussi les plus nombreuses et les plus complexes – sont celles qu’il a réalisées comme travaux préparatoires à des fresques peintes dans l’église San Miguel à Buenos Aires. On y voit des gens poser dans les vêtements attribués à l’époque biblique par les conventions picturales de la Renaissance et elles représentent, entre autres, des scènes comme les Noces de Cana ou la Cène ainsi que des portraits individuels de saints, de prophètes, de gens du peuple et d’aristocrates.
Ces portraits et ces groupes relèvent d’une question toujours d’actualité dans la représentation photographique du fait de leur réalisme intransigeant. Le passage direct et littéral de la personne ou de la chose photographiée (ce message continu, selon la définition de Barthes, c’est-à-dire le passage du réel au bidimensionnel sans la médiation d’un code de signes – peinture, dessin, gravures, etc. – indépendant de la chose elle-même) conditionne de manière tyrannique sa vraisemblance, toujours liée à l’instantanéité et aux circonstances concrètes de la prise. Ainsi, dans le domaine de la photographie, ce qui est représenté (ou plu- tôt présenté comme on devrait dire en toute logique) impose une sorte d’ontologie élémentaire et rudimentaire selon laquelle une couronne en carton ou une barbe en coton hydrophile ne sont ni plus ni moins que des costumes pour jeux d’enfants ou des déguisements de carnaval qui, en tant que tels, entachent de puérilité toute scène censée les représenter « pour de vrai ». Si nous ne savions pas que les vêtements et les poses théâtrales ont pour finalité de servir de guide à un muraliste – ce qui leur confère un statut de vraisemblance particulière et, comme nous l’avons dit, souvent charmante – nous le rattacherions à ces « tableaux vivants » présentés jadis dans les collèges à l’occasion des festivités civiques et religieuses dont les photos nous paraissent aujourd’hui d’une extraordinaire naïveté.
Extrait du texte Photographie d’un peintre de Luis Priamo.
En 1914, quand Augusto Ferrari arrive en Argentine, c’est un artiste expérimenté et en pleine maturité qui, déjà en Italie, a utilisé la photographie dans son œuvre picturale. Les photos les plus anciennes de cet ensemble – et aussi les plus nombreuses et les plus complexes – sont celles qu’il a réalisées comme travaux préparatoires à des fresques peintes dans l’église San Miguel à Buenos Aires. On y voit des gens poser dans les vêtements attribués à l’époque biblique par les conventions picturales de la Renaissance et elles représentent, entre autres, des scènes comme les Noces de Cana ou la Cène ainsi que des portraits individuels de saints, de prophètes, de gens du peuple et d’aristocrates.Ces portraits et ces groupes relèvent d’une question toujours d’actualité dans la représentation photographique du fait de leur réalisme intransigeant. Le passage direct et littéral de la personne ou de la chose photographiée (ce message continu, selon la définition de Barthes, c’est-à-dire le passage du réel au bidimensionnel sans la médiation d’un code de signes – peinture, dessin, gravures, etc. – indépendant de la chose elle-même) conditionne de manière tyrannique sa vraisemblance, toujours liée à l’instantanéité et aux circonstances concrètes de la prise. Ainsi, dans le domaine de la photographie, ce qui est représenté (ou plutôt présenté comme on devrait dire en toute logique) impose une sorte d’ontologie élémentaire et rudimentaire selon laquelle une couronne en carton ou une barbe en coton hydrophile ne sont ni plus ni moins que des costumes pour jeux d’enfants ou des déguisements de carnaval qui, en tant que tels, entachent de puérilité toute scène censée les représenter « pour de vrai ». Si nous ne savions pas que les vêtements et les poses théâtrales ont pour finalité de servir de guide à un muraliste – ce qui leur confère un statut de vraisemblance particulière et, comme nous l’avons dit, souvent charmante – nous le rattacherions à ces « tableaux vivants » présentés jadis dans les collèges à l’occasion des festivités civiques et religieuses dont les photos nous paraissent aujourd’hui d’une extraordinaire naïveté.


Extrait du texte Photographie d’un peintre de Luis Priamo.

Commissaire de l’exposition : Andrés Duprat.

Exposition réalisée grâce au soutien de l’ambassade d’Argentine
en France, du ministère des Relations Extérieures, Commerce international et Culte de la République Argentine et de l’ambassade de France en Argentine.
Exposition réalisée avec l’aide de la Fondation Augusto et Léon Ferrari. Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan.
Exposition présentée à la salle des Tapisseries, cloître Saint-Trophime.
Exposition réalisée grâce au soutien de l’ambassade d’Argentineen France, du ministère des Relations Extérieures, Commerce international et Culte de la République Argentine et de l’ambassade de France en Argentine.
Exposition réalisée avec l’aide de la Fondation Augusto et Léon Ferrari.
Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan.
Exposition présentée à la salle des Tapisseries, cloître Saint-Trophime.