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Artiste présenté par Artur Walther

Mikhael Subotzky

Ponte city

4 juillet - 18 septembre

10H00 - 19H30

La photographie de Subotzky explore les dynamiques sociales et économiques, la culture de la peur et de la sécurité, le pouvoir et la citoyenneté marginalisée : un portrait civique complexe. Dans cette étude, la relation entre l’artiste et ses sujets est intime, directe, mais il reste à distance, fait preuve d’une grande empathie. En quête de concepts et d’idées, son œuvre témoigne d’une précision, d’une complexité, d’une assiduité, d’une profondeur et d’une grande intensité. Artur Walther
La photographie de Subotzky explore les dynamiques sociales et économiques, la culture de la peur et de la sécurité, le pouvoir et la citoyenneté marginalisée : un portrait civique complexe. Dans cette étude, la relation entre l’artiste et ses sujets est intime, directe, mais il reste à distance, fait preuve d’une grande empathie. En quête de concepts et d’idées, son œuvre témoigne d’une précision, d’une complexité, d’une assiduité, d’une profondeur et d’une grande intensité.

Artur Walther

Cette tour de cinquante-quatre étages surplombe la ligne des toits de Johannesburg, couronnée d’immenses lumières publicitaires, visibles depuis Soweto, au sud, et Sandton, au nord. Construite en 1976, l’année des émeutes de Soweto, elle était située au milieu d’un quartier alors exclusivement blanc, où vivaient des jeunes couples de la classe moyenne, des étudiants, des grand-mères juives. Mais en 1994, l’arrivée de la démocratie – avec les transformations qui allaient suivre – a entraîné un exode vers les banlieues du Nord, censément plus sûres. La zone abandonnée devint vite synonyme de crime, de décrépitude urbaine et, surtout, de l’arrivée d’une population d’immigrés des pays africains voisins.
Ponte allait rapidement devenir le symbole du déclin du centre-ville de Johannesburg. La légende de la tour s’enrichit alors de nombreuses histoires : réseaux de trafic de crack et de prostitution qui opéraient à découvert dans les parkings du bâtiment, ordures qui s’amoncelaient dans la cour centrale jusqu’au quatrième étage, de nombreux suicides... Mais malgré tout, on ne peut s’empêcher de trouver cette notoriété quelque peu exagérée. La tour est rachetée en 2007 par un promoteur immobilier mais, dès la fin 2008, son ambitieuse tentative de rénovation essuie un cuisant échec : peu après avoir promis de débloquer la somme de trente millions d’euros, l’acquéreur fait faillite. Il comptait cibler une nouvelle génération de la classe moyenne, désireuse de s’installer à Ponte, surtout constituée de jeunes travailleurs noirs, mobiles et en pleine ascension. Le site Web du promoteur l’explique encore aujourd’hui : « Il existe dans chaque grande ville du monde un bâtiment où la majorité des gens rêve de vivre, sans en avoir la possibilité. Ces édifices sont désirables parce qu’ils sont uniques, luxueux, iconiques. Ils n’ont besoin ni de présentation ni d’explication. L’adresse à elle seule suffit. »
Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse travaillent à Ponte City depuis le début de l’année 2008. Leur projet englobe une grande variété de sources et de supports : photographie, documents trouvés, entretiens, textes. Durant les années qu’ils y ont passé, ils ont photographié chaque fenêtre de la tour, chaque porte intérieure, chaque écran de télévision.

Projet réalisé en colaboration avec Patrick Waterhouse. Encadrements en partie réalisés par plasticollage, Paris.
Exposition présentée avec la collaboration de la Goodman Gallery, Le Cap / Johannesburg.
Projet réalisé en colaboration avec Patrick Waterhouse.
Encadrements en partie réalisés par plasticollage, Paris.
Exposition présentée avec la collaboration de la Goodman Gallery, Le Cap / Johannesburg.