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Artiste présentée par Artur Walther

Jo Ractliffe

No final da guerra (à la fin de la guerre)

4 juillet - 18 septembre

10H00 - 19H30

La photographie de Ractliffe est profondément ancrée dans le paysage et particulièrement les lieux marqués par la mémoire de la violence et de la disparition. Ses paysages documentent ce qu’on ne remarque généralement pas, ce qui n’est pas pris en compte : un passé qui ne laisse plus de traces visibles, qui demande à être imaginé, qui est contingent au regard du spectateur. Ses images, mystérieuses, mythologiques, transcendent l’apparence immédiate du quotidien.

Artur Walther

Nombreuses sont les légendes au sujet de la guerre en Angola – un des conflits les plus complexes et les plus longs de l’histoire africaine. Au-delà des déterminants locaux, ce conflit a pris la forme d’une guerre froide faite par procuration, soumise à des interférences extérieures, des partenariats secrets et des programmes politiques et économiques tacites. Cela s’est traduit par diverses violations des accords internationaux, opérations illégales, financements secrets, approvisionnements en armes. Il s’agit d’une guerre du subterfuge, une fiction tissée de semi-vérités et de dissimulations.
J’ai découvert l’Angola en lisant D’une guerre à l’autre de Ryszard Kapuscinski, un livre qui retrace les événements ayant conduit à l’indépendance de l’Angola et à la guerre civile qui a suivi. C’était au milieu des années 1980, une époque où l’Afrique du Sud traversait une période de mobilisation de plus en plus importante contre les forces du gouvernement de l’apartheid, qui était par ailleurs en guerre avec l’Angola. Auparavant, l’Angola avait pour moi quelque chose d’abstrait. Dans les années 1970 et jusqu’au début des années 1980, c’était simplement « la Frontière », une zone mystérieuse où nos frères et nos petits amis étaient envoyés pour accomplir leur service militaire. Le pays restait, à mes yeux, un mythe, alors même que l’on commençait à entendre parler des Russes, des Cubains et de la Guerre froide.
Nombreuses sont les légendes au sujet de la guerre en Angola – un des conflits les plus complexes et les plus longs de l’histoire africaine. Au-delà des déterminants locaux, ce conflit a pris la forme d’une guerre froide faite par procuration, soumise à des interférences extérieures, des partenariats secrets et des programmes politiques et économiques tacites. Cela s’est traduit par diverses violations des accords internationaux, opérations illégales, financements secrets, approvisionnements en armes. Il s’agit d’une guerre du subterfuge, une fiction tissée de semi-vérités et de dissimulations. J’ai découvert l’Angola en lisant D’une guerre à l’autre de Ryszard Kapuscinski, un livre qui retrace les événements ayant conduit à l’indépendance de l’Angola et à la guerre civile qui a suivi. C’était au milieu des années 1980, une époque où l’Afrique du Sud traversait une période de mobilisation de plus en plus importante contre les forces du gouvernement de l’apartheid, qui était par ailleurs en guerre avec l’Angola. Auparavant, l’Angola avait pour moi quelque chose d’abstrait. Dans les années 1970 et jusqu’au début des années 1980, c’était simplement « la Frontière », une zone mystérieuse où nos frères et nos petits amis étaient envoyés pour accomplir leur service militaire. Le pays restait, à mes yeux, un mythe, alors même que l’on commençait à entendre parler des Russes, des Cubains et de la Guerre froide. En 2007, je me suis rendue à Luanda pour la première fois. Cinq ans s’étaient écoulés depuis la fin de la guerre et je désirais étudier la démographie sociale et spatiale de la ville à la suite du conflit. Durant mon séjour, un deuxième projet émergea peu à peu, projet qui détourna mon attention de la manifestation urbaine des séquelles de la guerre vers « l’espace » de la guerre elle-même.
Du point de vue photographique, ces œuvres examinent et autopsient l’influence symbolique ou non des traumatismes passés dans le paysage du présent. Nous vivons dans un espace présent, mais qui, comme l’écrit Jill Bennett dans A Concept of Prepossession (Un concept de préjugé), « porte les traces indélébiles et éphémères de son histoire. Et si nous occupons des espaces, ils ont la capacité de nous pré-occuper ».
Jo Ractliffe

Exposition présentée avec la collaboration de la Stevenson Gallery, Le Cap.
Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan, Paris.
Exposition présentée avec la collaboration de la Stevenson Gallery, Le Cap.
Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan, Paris.