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Marina Gadonneix

Ceci n'est pas un exercice

2 juillet - 23 septembre

10H00 - 19H30

Le travail de Marina Gadonneix tisse un lien complexe entre documentaire et fiction à travers les photographies de lieux livrés à un abandon provisoire. Dans chacune des séries ici présentées, l’artiste explore ce passage inattendu d’un territoire rugueux à une image fantasmatique, d’une forme d’évidence du réel à sa construction mentale la plus métaphorique. Paysages présente une série d’images singulières. Plateaux d’incrustation tantôts bleus ou verts utilisés comme fond neutre pour les effets spéciaux du cinéma et de la télévision. Surfaces monochromes, déclinaison de couleurs saturées. Ces images-écrans à la fois vides et pleines ont pour légendes des évocations de paysages aussi lointains qu’interchangeables, libres de toute interprétation définitive. Et ce n’est pas un hasard si la pièce présentée ici est réalisée en collabo- ration avec l’artiste Marcelline Delbecq qui s’en est emparée pour écrire Blackout (Trou noir). Entre fiction et réalité, paysages réels et mentaux, visions et dérives. Le texte, enregistré sous forme écrite et, peut lui même s’ajouter ou se soustraire aux images. La maison qui brûle tous les jours rappelle une fable dont l’histoire, en cendre, ne parviendrait plus jusqu’à nous. Marina Gadonneix a choisi de hanter une maison factice utilisée par les pompiers pour se familiariser avec le feu. Une chambre de fiction, en somme. Le feu a sévi, bientôt il va reprendre. Dans cet interstice, elle recueille ces ruines artificielles. À distance, le spectateur peut supporter le pire. Le pire, dans ce travail, est toujours à venir. Avec Playground Disorder (Les terrains de jeux du désordre), l’ordonnancement des images est sensiblement différent. Les lieux ne sont pas anodins, il s’agit de terrains d’entraînement aux catastrophes qui terrorisent notre quotidien ; incendies, avions pris en otages. Images ludiques et pourtant menaçantes. Si quelque chose d’inquiétant se passe, sa cause est néanmoins voilée. On ne distingue qu’une fumée, leitmotiv qui traverse l’ensemble des photographies et face à laquelle on ne peut s’empêcher de voir le feu de détresse d’un monde qui court à sa perte.

Amaury da Cunha

Tirages réalisés par Janvier, Paris.
Encadrements réalisés par Plasticollage et Circad, Paris.
Exposition réalisée avec la collaboration de Marcelline Delbecq pour la série Paysages, 2011.
Exposition présentée aux Forges, parc des Ateliers.