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Transition, paysages d’une société

1 juillet - 22 septembre

10H00 - 19H30

Transition, paysages d’une société (Transition, Social Landscape) est une mission photographique collective menée par des photographes fran- çais et sud-africains autour du territoire de l’Afrique du Sud et du rôle de la photographie dans la représentation et la réinterprétation de ce pays. Le projet réunit le travail de six photographes sud-africains (Santu Mofokeng, Pieter Hugo, Zanele Muholi, Cedric Nunn, Jo Ractliffe, Thabiso Sekgala), cinq photographes français (Patrick Tournebœuf, Alain Willaume, Raphaël Dallaporta, Philippe Chancel, Thibaut Cuisset) et un Belge résidant en France (Harry Gruyaert). Ils ont réalisé des séries photographiques distinctes qui rendent compte d’une expérience de la terre propre à différents lieux significatifs d’Afrique du Sud. Une commande aussi ambitieuse réalisée par 12 photographes est exceptionnelle dans l’histoire de la photographie. Cela a été possible grâce aux Saisons Afrique du Sud-France 2012 & 2013. Depuis le XIXe siècle, la France a pour tradition de passer des commandes publiques à des photographes de talent pour interpréter le territoire national dans sa relation à la démographie. Les photographies, réalisées spécialement pour ce projet, naviguent entre le réel et l’imaginaire, le banal et l’étrange, l’absence et l’abondance. L’ensemble esquisse un récit aux prises avec de multiples vestiges : du passé, de la politique, des réalisations perdues. Du changement. Le projet a pour ambition collective d’engager un dialogue apte à faire ressortir la complexité de la lecture des lieux, de l’espace et de l’appar- tenance. Un dialogue qui n’a pas toujours été facile. De nombreux points de vue et positions différents ont été exprimés, ainsi que des diver- gences ; bien des questions sont restées sans réponse. En Afrique du Sud, les problèmes liés à la terre sont indissociables de l’histoire raciale et de l’apartheid, de l’héritage de la colonisation, des conjonctures liées à la propriété, à l’appartenance et à l’identité. Ces problèmes sont l’héritage le plus évident d’une société opprimée et inégalitaire, que ce soit dans les contextes urbains ou ruraux. C’est la raison pour laquelle il est impossible de tenter une lecture du territoire sans inclure une approche sociale. L’histoire de la photographie sud-africaine est profondément enracinée dans la complexité des enjeux socio-politiques liés à la terre et à sa pos- session. Ce récit photographique de la terre et des lieux ne se contente pas d’enregistrer les paysages : il les signe, du point de vue de ceux qui peuvent posséder un appareil photographique. Aujourd’hui, à travers ce projet, la possibilité d’une rené- gociation de cette histoire est amorcée de façon collective pour tenter d’élaborer un discours commun qui dépasse les contradictions. Cette exposition survient à un moment particulier de la photographie sud-africaine, elle s’inscrit dans une réalité bien plus vaste et complexe de l’Afrique du Sud, 100 ans après le Land Act (1913) qui réservait plus de 90 % des terres aux Sud-Africains blancs, première loi qui mènera à l’apartheid (1948/1991). Si l’exposition revient sur l’his- toire et le passé, elle s’intéresse autant au changement, à l’avenir. Elle est le reflet, mais aussi un élément à part entière, de ce paysage en transition.

François Hébel et John Fleetwood, commissaires

Manifestation organisée dans le cadre des Saisons Afrique du Sud-France 2012 & 2013, avec le soutien d’un Comité de mécènes constitué de : Areva, Air France, Bouygues Travaux Publics, EDF, GDF-Suez, Mazars, Fondation Orange, Total.
Exposition coproduite par les Rencontres d’Arles et le Market Photo Workshop.
Papier peint réalisé par Picto, Paris.
Catalogue de l’exposition édité par Xavier Barral Éditeur, les Rencontres d’Arles et le Market Photo Workshop.
Exposition présentée à l’atelier de la Mécanique, parc des Ateliers.