Édition 2017

Samuel Gratacap

Fifty-fifty

J’arrive en Libye pour la première fois en décembre 2014. Ras-Jedir, à la frontière tunisienne, puis la ville de Zuwara, connue pour les départs et naufrages des bateaux de migrants qui partent pour l’Italie. Ceux qui vivent le fifty-fifty : la mort ou la vie. À Zuwara je rencontre Younes, 26 ans, ingénieur en télécommunication, devenu fixeur pour journalistes. Lors de notre première rencontre, Younes me pose une question à la fois bouleversante et pertinente : « Tu es là pour les migrants ou pour la guerre ? » Bouleversante car elle démontre les intentions des medias et l’intérêt qu’ils portent à l’égard de son pays. Pertinente, directe et sans détour car elle pose le contexte : une dissociation est-elle possible entre la guerre et le sort des migrants ? Construite comme une installation, cette exposition conduit le spectateur dans un récit où se rejouent les rapports de visibilité et d’invisibilité entre des personnes qui cohabitent et se rencontrent pour le meilleur et pour le pire.
Samuel Gratacap

Commissaire de l’exposition : Léa Bismuth, avec la collaboration de Marie Sumalla et Nicolas Jimenez.
Exposition coproduite par la galerie Les filles du calvaire et les Rencontres d’Arles, avec le soutien d'Olympus et du journal Le Monde.
Tirages réalisés par Picto, Paris.
Encadrements réalisés par Circad, Paris.
Le projet de Samuel Gratacap a reçu le soutien de la FNAGP, du CNAP, du fonds de dotation agnès b. et d’Olympus.

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