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Davide Monteleone

Artiste présenté par
Galerie Heillandi, Lugano, Suisse

Sinomocène 2014 ­­— 2020

Depuis que le président chinois Xi Jinping a annoncé en 2013 que l'ancienne route commerciale de la soie allait renaître sous le nom de Belt and Road Initiative (BRI) ou « Nouvelle route de la soie », des entités chinoises se sont engagées à investir un billion de dollars dans des projets d'infrastructure à long terme. La Banque asiatique de développement, une banque régionale conçue sur le modèle de la Banque mondiale, estime que 26 000 milliards de dollars seront nécessaires pour développer les infrastructures en Asie au cours de la décennie à venir. Les financements récents sont le reflet d’un important effort concerté visant à combler cet écart. Créée dans le but de promouvoir une croissance à long terme dans les économies en développement, la BRI a pour ambition de connecter 65 % de la population mondiale et de relier les régions en développement grâce à des infrastructures numériques et des infrastructures matérielles – routes, ports et chemins de fer.

Le projet aura de nombreuses conséquences économiques et géopolitiques à l'étranger. Les médias grand public tardent à mettre au point une stratégie visuellement convaincante soulignant l'ampleur des effets les plus manifestes de la BRI, parmi lesquels les impacts sociaux et environnementaux qu’une telle entreprise risque d’avoir sur les communautés locales et les géographies régionales. Cela est en partie dû à l’envergure et à la nature protéiforme de l'IRB, mais surtout au fait que l'initiative a été analysée par des organisations dont la vision se limite au projet dans ses grandes lignes.

En tant que conteur doté d’une formation en art, en politique et en photojournalisme, Davide Montelone s'est toujours intéressé aux diverses manières dont la photographie pouvait être associée à d'autres disciplines comme l'histoire, la politique, l'économie et l’analyse de données. Avec « Sinomocene », son objectif est de révéler une vaste pyramide sociale au sommet de laquelle on trouve les investissements majeurs de la Chine, et dont la base est constituée des millions d'individus affectés par la stratégie et la politique de l'IRB. « Sinomocene » juxtapose récits photographiques et visualisation de données de manière à faire émerger une compréhension plus humaine du projet controversé, en particulier son impact social sur les populations locales et le paysage mondial. La série met en scène un travail de terrain effectué sur les quatre continents où la Chine étend sa présence, notamment au Kazakhstan, au Sri Lanka, en Éthiopie, au Djibouti, en Italie, au Cambodge et au Pakistan. L’exposition de Paris sera consacrée au Djibouti.

Situé dans la Corne de l'Afrique, Djibouti représente une porte d'accès à la mer Rouge ainsi qu’une plaque tournante entre l'Europe et l'Asie. À l’origine, les activités de la Chine dans la Corne de l'Afrique étaient motivées par la recherche de ressources naturelles permettant de stimuler l’essor économique du pays. Puis, constatant que 20 % du commerce mondial transitaient chaque année par le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie Djibouti au Yémen, la Chine a décidé d’investir dans les systèmes de transport et de logistique de la région. Depuis que la Chine a ouvert sa première base de soutien militaire à l'étranger en 2017, Djibouti est devenu dépendant du financement chinois. Initialement prévue comme un avant-poste permettant d’accroître l’influence de la Chine dans l'océan Indien, à présent la base sert principalement à fournir du matériel logistique aux forces d'escorte maritime dans le golfe d'Aden.

Hester Keijser


DAVIDE MONTELEONE
Né en 1974 à Potenza, Italie.
Vit et travaille à Moscou, Russie.
Davide Monteleone est photographe, chercheur et membre de National Geographic. Il travaille sur des projets multimédias à long terme qui explorent la relation entre le pouvoir et les individus. Il a publié cinq livres et remporté de nombreux prix, parmi lesquels le World Press Photo, l’Aftermath Project Grant et le prix Carmignac du photojournalisme. Il contribue régulièrement à des publications de premier plan et ses projets ont été présentés dans des festivals et des galeries tels que le Centre Nobel de la paix, les galeries Saatchi et Aperture, les Rencontres d’Arles, la MEP et le Palais des expositions de Rome.

Commissaire de l’exposition : Hester Keijser.