1968-2018, PRISE DE PAROLE
/ PRISE D’IMAGES

ATELIERS ET PROJECTION

« En mai dernier, on a pris la parole comme on a pris la Bastille en 1789 », écrivait Michel de Certeau en 1968. Cette prise de parole fut également une prise d’images. En quelques semaines, les figures d’autorité sont destituées, les lieux de pouvoir investis. Manifester, occuper, s’approprier l’espace, c’est déjà se représenter soi-même, se libérer des représentations auxquelles l’on était assigné. Avec chercheurs et témoins, nous évoquerons cette histoire où s’inventèrent, contre les normes professionnelles et les hiérarchies sociales, des manières de faire des films en commun. Cinquante ans après les événements de mai, dans des contextes évidemment différents, photographes et cinéastes continuent de produire des images des luttes actuelles qui s’écartent de celles majoritairement diffusées sur les médias dominants. La plupart récuserait sans doute le terme « militant » pour qualifier leur travail. En revanche, impliqués dans une situation de conflit, ils ont nécessairement à penser ce que peut être leur rôle ou leur place, les relations qu’ils établissent avec ceux qu’ils côtoient ou avec lesquels ils coopèrent. En compagnie de photographes et de collectifs cinématographiques, présents à Notre-Dame-des-Landes, à Bure et à Calais, nous tenterons de voir quelles formes peuvent prendre aujourd’hui les notions d’engagement, de collectif, de contre-information.


Jeudi 5 juillet
Théâtre d’Arles

1968-2018, prise de parole / prise d'images
 
Matinée. « Les années 1968 : mettre les images au service des luttes »
9h45 - Accueil et présentation des grands axes de la journée.
Diffusion liminaire du court-métrage réalisé en mai 68 : "Ce n'est qu'un début" (collectif Arc, 10 min.)

10-11h – Usages de la photographie en Mai 1968.
Retour sur l'exposition "1968, quelle histoire !" en présence de sa commissaire Bernadette Caille. Regard complémentaire de l’historien de la photographie Guillaume Blanc sur l’engagement des photographes Jacques Windenberger et Jean Pottier durant les Evénements.

11-12h – Le développement des collectifs de cinéastes militants
Sébastien Layerle (historien du cinéma, auteur de « Caméras en lutte en mai 68 ») dialogue avec le réalisateur Alain Nahum (un des fondateurs du groupe « Cinélutte »).

12-13h – Carole Roussopoulos, la vidéo féministe au poing
Avec Nicole Fernandez Ferrer (déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir) : évocation de la cinéaste Carole Roussopoulos et des collectifs féministes de réalisation.

Après-midi. « Pratiques alternatives de l’image sur les terrains actuels de conflit »
14h30 - Avant-première de "Fugitif, où cours-tu ?", film d'Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz (2018, Arte, 1h24).

16-17h30 : Echange avec E. Perceval et N. Klotz, autour de la réalisation du diptyque tourné à Calais, dans la Jungle, "L'Héroïque lande" (2017) / "Fugitif, où cours-tu ?" (2018)
Dialogue autour des lieux emblématiques des luttes contemporaines et la manière dont ils sont représentés par le cinéma et la photographie, en compagnie de Caroline Zéau (historienne du cinéma documentaire) et des photographes Elisa Larvego et Gilles Raynaldy (pour leur travail sur Calais) et Louis Matton (pour son travail à Notre-Dame des Landes).

17h30-18h30 -  Table ronde collective, orchestrée par Caroline Zéau
« Formes esthétiques / engagements politiques : quelles filiations et quelles ruptures de Mai 68 à aujourd’hui ? »


Vendredi 6 juillet, 20h30                                      
CINÉMAS ACTES SUD
Tarif plein : 7,5€ / Tarif réduit : 6€

No Intenso Agora 
Projection du film de João Moreira Salles, dans le cadre des Ateliers « 1968-2018, Prise de Parole/ Prise d’Images », en présence de l'équipe de Tënk.
Videofilmes Produçoes Artisticas Ltda, 2017 / Brésil / 127 min.