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Christian Milovanoff - Mésopotamie, série Attraction, 2011-2012.

Christian Milovanoff

Dans ce tout nouveau travail appelé Attraction, Christian Milovanoff se livre à un étrange jeu sur la reproduction de ses propres archives qu’il déconstruit et sur le pur enregistrement photographique qu’il va également défaire et transformer. Car collectionner des images du monde faites par lui ou pas ne suffit pas. Il s’agit de donner du sens à ce matériau brut.

Organiser, trier, indexer, choisir, couper, classer, monter, juxtaposer, opposer, rapprocher, harmoniser, dérouler, façonner, aligner, enchaîner, déployer, permuter, retailler, lier, répéter, télescoper, espacer, formuler, placer, déplacer, replacer, dupliquer, coller, agrandir ou réduire... C’est ainsi qu’Attraction a pu voir le jour et se construire patiemment.

Christian Milovanoff fait sienne la formule de Jean-Luc Godard : « montage, mon beau souci ». Il s’agit pour lui de faire résonner plusieurs images entre elles et de constater ce qui se passe alors. Les associer, les superposer, voir simultanément en transparence le recto et le verso d’une page de journal imprimé, photographier la greffe qui s’opère alors (et, si rien n’advient, recommencer sous une autre lumière, avec un autre cadrage ou bien abandonner l’opération).

Archiver, monter, reproduire pour organiser des « choses vues », pour ordonner le chaos du visible à travers des récits où la fiction renvoie au documentaire et inversement. Les titres que Christian Milovanoff donne à chacune de ses attractions sont autant de clés pour saisir et comprendre l’énigme politique et poétique du montage : « Le Sud » quand il s’agit d’une carcasse de voiture reposant au bas de la planète, « La Mésopotamie » quand des avions survolent une carte de géographie montrant les sites archéologiques des Assyriens ou encore, d’une manière plus « légère » mais non moins efficace, « Quatre-quatre-deux-un » quand l’unique image ne montre que deux joueurs de football que des ombres redoublent.


P-L R.


Exposition réalisée avec la collaboration du musée Réattu.


http://www.museereattu.arles.fr/attraction,-christian-milovanoff.html

Christian Milovanoff

Avec l'aimable autorisation de l'artiste.


Christian Milovanoff

Né en 1948 à Nîmes.

Vit et travaille à Paris et Arles.


Les peintures du musée du Louvre à Paris et celles de la Staatsgalerie à Stuttgart, la Rome antique, les bureaux, le supermarché, les bas-reliefs assyriens, la grande ville de Pittsburgh, autant de lieux que, depuis plus de trente ans, Christian Milovanoff photographie. Reproduire, monter, archiver, documenter, raconter, voilà les maîtres mots à l’oeuvre dans son travail mi-documentaire, mi-fictionnel, comme une tentative d’organiser le chaos du visible. Outre les expositions et la publication de son travail photographique (notamment Le Louvre revisité, La galerie imaginée, Conversation Pieces, Suites), il a écrit plusieurs articles sur le cinéma documentaire (« Les séquestrés » à propos de Frederick Wiseman, « Les gouttes de miel » sur l’oeuvre de Johan van der Keuken, « Les voix ordinaires, la commune de Peter Watkins », « Des nécessités formelles » au sujet de Claude Simon ou encore « Le dédoublement du visage » sur Claude Lévi-Strauss). Il a également publié deux ouvrages de fiction : Le Jardin1948-1968 et L’ordre.

Musée Réattu

> 14 octobre

10h - 19h

7 €

Les détenteurs de passes bénéficient d’un tarif spécial :

Gratuit pour l’exposition de Christian Milovanoff

Tarif réduit pour tout le musée : 3 €



> billetterie