Ajax loader

Jean-Louis Tornato - Ma mère, série Les sommeils, 1996.

Jean-Louis Tornato
ENSP 1996

Depuis 1996, Tornato développe un travail sur le sommeil à l’aide d’un dispositif automatique de prise de vues, de films infrarouge et de flashes, ne laissant passer, grâce à un film opaque, qu’une lumière invisible à l’oeil nu.

Les 36 vues obtenues, résumé des différents états émotionnels et des cycles de toute une nuit, sont alors visibles séparément ou sous forme de planches contact en petits groupes séquentiels ou synthétisées en une image. Elles captent, au coeur d’un univers qui se dérobe pour tous, l'image de dormeurs, gracieux ou gisants, engloutis sous les draps ou flottant tels les doubles fantomatiques de leur être social.

Tout récemment, certaines de ces photographies sont associées à deux autres séries Limbes et In between (Entre-deux), fruit de ses très nombreux voyages au Japon. Très influencé par la pensée moniste qui imprègne l’inconscient collectif de ce pays, Tornato mélange deux traditions qu’au départ tout oppose : la cosmologie orientale faite de correspondances et d’une parenté substantielle entre chaque chose de ce monde – souffle, esprit et matière – et celle de l’Occident tournée vers une vision plus conflictuelle de l’espace de vie, une perception politique et temporelle de territoires en crise.

Par la métaphore des limbes, ce lieu mythique et redouté où vont les âmes des justes qui errent pour l’éternité – celle des martyrs et des enfants morts prématurément –, la série de vagues qu’il réalise sur des lieux de naufrages ou de guerres (Hiroshima, Arromanches, plages de l'Erica ou de l'Amoco Cadiz etc.) insiste sur la menace qui pèse sur notre planète et l’Histoire faite de drames, sur la mer, vaste liant de nos tragédies, palimpseste sans âge et symbole d’un refoulé collectif.

Les photographies de lieux étranges faits d’ondes et de fumées (In Between) qu’il juxtapose aux visages énigmatiques d’êtres assoupis tentent quant à elles de restituer des perceptions uniques et ces troubles (chute ou apesanteur, dislocation de l’être) qui s’emparent de nous dans les différentes phases de sommeil.


www.jeanlouistornato.fr

Jean-Louis Tornato

Avec l'aimable autorisation de Kazuko Wakayama.


Jean-Louis Tornato

Né en 1969 à Brignoles.

Vit et travaille à Paris et à Tokyo.


Jean-Louis Tornato poursuit jusqu'en 1993 des études d'arts plastiques à la faculté d'Aix-en-Provence puis, tout en préparant un D.E.A. en sciences de l'art, intègre l’ENSP, dont il sort diplômé en 1996. Dès lors, son activité se partage entre ses recherches artistiques, une production de photographe indépendant (architecture, cinéma, portrait, tendances) et un engagement plus théorique sur les champs de l'image (enseignement en école d'art, conférences et workshops, direction de missions photographiques pour le compte de diverses collectivités). Son travail a fait l'objet d'un livre monographique paru en 2004 (Les sommeils/Sleepings, 128 pages, Editions 779) et de plusieurs expositions collectives et personnelles : centre Civic Can Basté (Barcelona), Hôtel-Dieu (Paris), Kawasaki City Museum (Japon), galerie 779 (Paris), galerie Place M (Tokyo), CAPC de Bordeaux, fondation de l'Atelier de Sèvres (Paris), etc. Il aborde les questions complexes du sommeil, de l'inconscient et du désir, relate des mondes en état de crise, marqués par les tragédies, guerres, catastrophes et pollutions.

Grande Halle

> 23 septembre

10h - 20h

11 €


> billetterie