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Alexandre Maubert - 42° 4’0.38”N ; 9° 29’42.95”E, série Casabianda, 2009.

Alexandre Maubert
ENSP 2009

Le travail d’Alexandre Maubert joue d’un processus de déterritorialisation permanent. En effet, du cinéma à l’installation, de la photographie aux nouveaux médias, ses images oscillent constamment entre diverses frontières (géographiques ou esthétiques), comme pour mieux les infirmer ou les affirmer. Ces formes ont cela d’essentiel qu’elles fonctionnent comme autant de contorsions permettant à l’artiste d’approcher un sujet complexe et diffus, qui serait celui de nos utopies, de leurs limites et de la manière dont celles-ci résistent au réel. Mais les utopies qu’interroge Maubert ont ceci d’inquiétant qu’elles flirtent souvent avec les limites du carcéral, et parfois même, celles de la légalité. De Nordelta, communauté ultra sécurisée proche de Buenos Aires, à la ville ubiquitaire de New Songdo, située en Corée du sud, ses uvres ne cessent de tracer les contours mouvants d’un rêve collectif et de son revers. Pour saisir ces chimères, l’artiste explore sans relâche les nouveaux modes de représentation que permettent les technologies actuelles. Ainsi, la distance critique avec laquelle il questionne ces fantasmes communautaires se double souvent d’un second enjeu, artistique cette fois-ci, celui d’une représentation autre, capable de figurer l’implicite. Coordonnées GPS permettant de délimiter l’enceinte symbolique d’une prison à ciel ouvert (Casabianda), courbes sismographiques laissant sous-entendre le drame d’une catastrophe naturelle (Cutting Plane), interactivité permettant l’immersion du spectateur dans un étrange lieu auquel il n’aura jamais accès (Monade) Ici, chaque nouveau sujet semble l’occasion d’imaginer de nouvelles façons de capter les mutations de notre société. Ce qui touche durablement, dans cette oeuvre c’est que, si son propos possède un engagement aussi subtil que constant, on y retrouve pourtant la jubilation de produire de la fiction, une mise en scène. En effet, là où l’on pourrait s’attendre à une forme de rigueur documentaire, Alexandre Maubert parvient à injecter dans notre actualité, un questionnement allégorique sur les mythologies passées et celles à venir.


Gregory Buchert


www.alexandremaubert.com


Monade : installation produite par le Fresnoy, studio national des Arts contemporains, en partenariat avec l'équipe de recherche MINT (université Lille 1), le CNRS, LIFL UMR 8022 & IRCICA et l'INRIA Lille Nord-Europe.

Alexandre Maubert

Avec l'aimable autorisation de Sang-Hyun Hong.


Alexandre Maubert

Né en 1981 à Lyon.

Vit et travaille à Paris.


Alexandre Maubert est un cinéaste et plasticien français. Diplômé de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, il intègre, entre 2009 et 2011, le Fresnoy. Ses oeuvres sont aujourd’hui présentées dans de nombreuses institutions, galeries et festivals de par le monde : Arte Laguna – Arsenal de Venise, Nuit Blanche de Kyoto, Kassel Film Festival, Über Lebenskunst - Berlin, New York Photo Festival, Foam Museum, Maison Descartes – Amsterdam, Tish Gallery - NYC, El Ojo Ajeno Gallery à Lima. En 2012 il est lauréat « Nouvelles Images » de la villa Kujoyama – Institut français, résidence lors de laquelle il développe son prochain projet, Ukiyo-e, Histoires du monde flottant : série de films proposant une réflexion sur le piratage de contenu culturel sur Internet au travers du prisme de l’animation Japonaise. En 2013, le Lab Labanque à Béthune et l’Institut français de Mexico, consacreront tous les deux une exposition monographique à son travail.


Grande Halle

> 23 septembre

10h - 20h

11 €


> billetterie