Ajax loader

ÉDITION 2007

3 juillet - 16 septembre

Surprises sensibles

François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles.


L’édition 2007 des Rencontres d’Arles bénéficie de l’expertise de nombreuses personnalités internationales de la photographie.


Découvertes

La révélation de talents passe par les prix depuis leur création avec la Fondation Luma en 2002. La qualité des nominateurs 2007 est exceptionnelle, tous les cinq dirigent des entités internationalement respectées. Ils offrent à Arles leurs sensibilités différentes à travers quinze expositions, pour un coup de pouce à des artistes prometteurs. Ils désigneront deux, et non plus un, meilleurs livres de l’année : la meilleure monographie ou livre thématique, et le meilleur livre d’auteur.


Dashanzi Art District

La Chine, souvent invitée à Arles – 1986, 1988, 1989, 2001, 2003 – connaît un phénomène que nous nous devions de présenter : le district de Dashanzi.

Cette superbe cité militaro-industrielle en plein cur de Pékin, investie par quelques artistes en 2002, est devenue en 5 ans un lieu unique au monde de regroupement d’artistes, de galeries, de théâtres... Le Dashanzi International Art Festival montre une sélection de ces artistes afin de comprendre le foisonnement exceptionnel de cette cité laboratoire. Photographes, plasticiens, performers se mélangent pour traduire la transformation de la Chine. C’est aussi le moyen de soutenir de l’extérieur ce mouvement passionnant menacé d’expulsion au profit d’un centre commercial de luxe.


India

La croissance de l’Inde est rapide et une génération de photographes indiens ressent le besoin de traduire cette société vaste et très codée. Même besoin que les photographes chinois, mais là s’arrête le parallèle. La société indienne n’a pas subi le choc des révolutions culturelles, puis libérales. Au contraire, la démocratie et l’indépendance, dont on fête le 60e anniversaire, ont fait perdurer le carcan social. Cette permanence pèse sur la jeune génération indienne. Les photographes présentés à Arles semblent dire ce déchirement entre attachement aux traditions et besoin d’émancipation. Ils traitent de la famille, de l’amour, de la sexualité.

Enfin, nous présentons la rétrospective de l’exceptionnel chroniqueur de l’Inde : Raghu Rai.


Privés

La sphère privée se défait peu à peu de trésors photographiques que l’on retrouve dans les marchés aux puces, les boîtes à chaussures des familles ou les ventes aux enchères. Plusieurs ensembles exceptionnels sont ainsi présentés aux Rencontres 2007.

La photographie en Inde est une vieille passion qui remonte aux Maharajahs, avec le phénomène des Presentation albums (albums cadeaux) des photos peintes, très différentes de celles que l’on connaît ailleurs dans le monde. La Fondation Alkazi qui les rassemble et les conserve depuis trente ans nous fait l’honneur de prêter pour la première fois une sélection significative de sa collection.

Il y aura aussi les photographies d’un grand bourgeois indien, merveilleux amateur du début du xxe siècle dont le principal sujet est lui-même, sa femme et ses filles, dont l’une deviendra une peintre moderne célèbre.

Ce choix alternatif de photographies s’élargit avec la collection d’Erik Kessels. Hollandais, directeur artistique pour la publicité, commissaire d’expositions, il est avant tout un grand collectionneur de photographie vernaculaire : albums de famille, images techniques, incongruités trouvées sur internet, constituent une collection exceptionnelle, drôle et tragique à la fois.

Enfin c’est un véritable trésor qui sort des carnets Hermès de Pannonica de Knigswarter. Célèbre pour être la généreuse mécène du jazz, elle côtoie pendant trente ans des musiciens de légende. Cette riche héritière se révèle être une photographe amateur très libre. Cette présentation inédite de 300 Polaroid, montre ce qu’une passion peut avoir de charnel et devrait émouvoir bien au-delà des seuls amateurs de jazz.


Magnum Photos

La plus belle agence fête son 60e anniversaire. Magnum tire son originalité et son indépendance de sa forme coopérative et de la totale autonomie de ses membres. La diversité des regards qui s’y croisent n’ont en commun que leur curiosité pour le fonctionnement de la planète.


Officiels

Deux exemples de photographies officielles sont confrontés : 81 ans de portraits officiels de la Reine d’Angleterre par de grands photographes collaborateurs de l’agence Camera Press, et la photographie officielle du président de la République française, l’image la plus diffusée en France et sans doute la série la plus monotone depuis l’invention de la photographie. Pour les Rencontres, plus de 40 photographes ont accepté le défi de rompre avec cette uniformité en imaginant la posture proposée à une éventuelle femme présidente.


Institutions

Nous célébrons l’anniversaire d’amis des Rencontres : les dix ans de PHotoEspaña, avec une exposition et un spectacle du photographe de la movida : Alberto García-Alix. Dix ans de la Fondation HSBC pour la Photographie, qui accomplit un travail remarquable d’expositions et de livres.

Le Museon Arlaten propose quant à lui une vision

de l’exode arménien au travers de photographies de studio, d’albums et de cartes postales.

Les soirées seront très musicales et marquées par

le spectacle visuel de Lou Reed et Julian Schnabel.

La semaine d’ouverture est l’occasion d’un colloque sur la collection photographique, organisé avec l’École Nationale Supérieure de la Photographie, l’Atelier de restauration et de conservation des photographies de la ville de Paris et le Centre Pompidou, précédé par une soirée autour du collectionneur Sam Wagstaff.


Le festival se développe, nous tâchons de lui donner une couleur très différente chaque année. Des activités nouvelles se greffent d’une édition sur l’autre. Toutefois nous restons vigilants et convaincus qu’une certaine fragilité et une remise en cause permanente des « formules qui marchent » sont le gage d’un intérêt renouvelé du public.

Si toutefois le sentiment d’avoir réussi nous tentait, nous sommes chaque année ramenés sur terre par de nombreuses incertitudes sur les lieux et les budgets, qui s’ajoutent avec les salutaires angoisses des artistes et des collectionneurs. Face à cela, l’équipe des Rencontres fait preuve d’un enthousiasme et d’un professionnalisme qui ont peu d’équivalents et nos partenaires nous sont fidèles. Les soutiens sont essentiels pour livrer ce programme dense et varié.


Je souhaite au public, en croissance exponentielle, de trouver son lot de surprises et d’émotions dans l’édition 2007 des Rencontres d’Arles, fruit de nombreuses sensibilités.