Il fut notre père photographique, notre mentor, notre patron. Il fut l’OEil de Match, le fondateur de Photo, le collectionneur passionné. Il savait nous faire partager sa passion pour l’image. Roger Thérond est mort il y a dix ans. Nous tenons à lui rendre hommage avec ses proches et ses intimes. Nous montrons les plus belles pages de Match, les plus étonnantes pièces de sa collection, accompagnées des témoignages d’Edmonde Charles-Roux, Sylvie Aubenas, Didier Rapaud, Olivier Royant, Jean-Francois Leroy, Philippe Garner et Sebastião Salgado.
Roger Thérond naît à Sète en 1924. Il est engagé en 1945 à L’Écran français, grâce à Jacques Prévert, comme critique de cinéma. Trois ans plus tard, en 1948, il est reporter à Samedi Soir. Il entre à Paris Match dès son premier numéro en 1949, propriété de Jean Prouvost et en devient le plus jeune rédacteur en chef. Il est nommé directeur de rédaction de Match en 1962 pour six ans et quitte le journal en 1968. À la demande de Françoise Giroud, il rejoint L’Express comme conseiller de la rédaction. Il est avec Walter Carone et André Lacaze l’un des fondateurs de Photo et intègre les Publications Filipacchi. En 1976, Daniel Filipacchi devient propriétaire de Paris Match et en confie la direction à Roger Thérond. C’est en 1980 que ce dernier crée, avec Jean-Luc Monterosso, à l’occasion de la première édition du Mois de la Photo de Paris, le Grand prix Paris Match du photojournalisme. Deux ans plus tard, il est nommé vice-président directeur des rédactions du groupe Hachette-Filipacchi Presse. En 1989, il lance, avec Michel Decron, Jean Lelièvre et Jean-François Leroy, Visa pour l’image, le plus grand rendez-vous international de photojournalisme et devient, en 1996, président du comité éditorial de Hachette-Filipacchi Médias et membre du comité directeur de Lagardère Groupe. Il quitte l’hebdomadaire en 1999, après avoir, pendant cinquante ans, « fait » Match, transformant toujours l’actualité en une aventure extraordinaire. Il créée l’événement en exposant pour la première fois à la Maison Européenne de la Photo sa collection de photographies, l’une des plus belles collections mondiales. Père de quatre enfants, Émilie, Éléonore, Ève et Tristan, il a épousé en 1971 Astrid Doutreleau, une Arlésienne. Il soutint dès l’origine les Rencontres d’Arles, dont il fut membre du conseil d’administration jusqu’à son décès.