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James Casebere

Depuis ses débuts, au milieu des années soixante-dix, James Casebere fabrique des objets pour les photographier. Ces objets n’ont, en soi, aucune importance puisque l’artiste, qui ne se définit pas comme photographe, n’est pas non plus un sculpteur. Quelle que soit la minutie apportée à la construction des maquettes, il ne leur accorde aucune autre valeur que celle qu’elles vont lui permettre dans le processus de production d’images puis de tableaux photographiques. Car James Casebere appartient à cette génération – qui ne fut jamais une école mais plutôt un mouvement – de la mise en scène du monde en vue d’en produire des images sans prétention documentaire. En grands formats destinés à être exposés dans des musées et galeries d’art contemporains, ses travaux se sont très vite centrés sur des motifs architecturaux à portée symbolique et métaphysique. Il fait s’affronter espaces privés et publics, questionne le sacré, s’interroge dans ses travaux les plus récents sur l’habitat et ses conventions. Si ses références sont essentiellement celles d’artistes américains

(G. Matta-Clarck, R. Smithson, M. Heizer, entre autres) il cite volontiers des philosophes et des cinéastes, de Bachelard à Godard. Pour lui, le travail de l’artiste et celui d’une philosophie à l’oeuvre, qu’elle questionne l’espace carcéral ou les chefs-d’uvre de l’architecture religieuse islamique. Ce travail est une interrogation sur les imaginaires présidant à la création de monuments et d’espaces et ceux qu’ils produisent sur ceux qui les pratiquent, les subissent ou les contemplent. L’oeuvre dialogue avec l’abbaye de Montmajour où elle est présentée, questionnant la fonction du lieu autant que ses tonalités. En choisissant d’installer dans les mêmes espaces les créations d’Absalon, est introduite, dans ce qu’elle a de plus fondamental et élémentaire, la dimension de l’homme rapportée à son corps, à son économie, sans déperdition. Dans un cadre d’exception, chargé de sens, deux artistes aussi radicaux qu’exigeants nous proposent une leçon de philosophie pour aujourd’hui.


Christian Caujolle, commissaire d'exposition.


Exposition produite par le centre des Monuments Nationaux, avec le soutien de la galerie Daniel Templon, Paris.


www.jamescasebere.net

Sebastian Piras - James Casebere.


James Casebere

Né en 1953, à Lansing, États-Unis.

Vit et travaille à Brooklyn, New York.


Après des études dans le Michigan, James Casebere intègre le programme d’études indépendantes du Whitney à New York et déménage ensuite à LA où il côtoie Baldessari, Kelly et Oursler, et obtient son master d’arts plastiques à l’université de Californie en 1979. Ses premières expositions ont lieu chez Franklin Furnace et à la galerie Sonnabend. Il est alors associé à la « Pictures Generation », des artistes émergeant dans les années 1980, dont font partie Sherman ou Prince... Il concentre son attention sur les différentes institutions culturelles au siècle des Lumières et leur représentation comme modèles architecturaux puis crée nombre d’uvres sur la traite des esclaves africains vers l’Amérique. Après le 11 septembre, il se centre sur l’Espagne et la Méditerranée orientale. James Casebere a été invité à la biennale du Whitney Museum en 1985 et 2010 et a reçu de nombreuses bourses du National Endowment for the Arts, de la New York Foundation for the Arts et de la J. S. Guggenheim Memorial Foundation. Son oeuvre est représentée dans un grand nombre de musées à travers le monde entier, dont le Whitney, le Guggenheim et le MET, le Walker Art Center à Minneapolis, le Los Angeles Museum of Contemporary Art et le V&A de Londres, parmi tant d’autres.

Abbaye de Montmajour

> 9 septembre

10h - 18 h 30

7,5 €


> billetterie