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Sammy Baloji - Site d’extraction minière artisanale #3, série Kolwezi, 2011.

Sammy Baloji

KOLWEZI

2006, les premières élections démocratiques ont lieu au Congo. La même année, on note une forte demande de cuivre et de cobalt. Plusieurs investisseurs internationaux se ruent vers le Katanga. Parmi eux, la Chine promet de réhabiliter l’infrastructure congolaise en échange de l’exploitation des ressources minières katangaises. Suite à la série Mémoire réalisée sur la Gécamines (2004-2006), je documente depuis 2009 l'extraction minière artisanale à Kolwezi, une des régions du Katanga. Apparue peu après la chute de la Gécamines, l'exploitation artisanale, soutenue par le gouvernement, est devenue vitale pour tous les Congolais : d’anciens travailleurs, leurs familles, des étudiants au chômage, ceux qui ont fui la guerre

Du fait de cette instabilité économique et territoriale, les mineurs habitent des cités de bâches à proximité des zones d'extraction. Ces espaces d'habitation et d'exploitation sont temporaires et peuvent devenir soudainement propriété des industriels suite aux contrats signés entre l'État et les investisseurs.

L’extraction se déroule dans des sites miniers autrefois forés par des engins industriels, pouvant se situer à plus de 100 mètres de profondeur. Munis de pioches, lampes et sacs de raphia, les mineurs descendent à la recherche de l’hétérogénite (matière contenant cuivre et cobalt). Pour l’extraire, ils doivent excaver des tunnels de 60 à 100 mètres de profondeur, avant d’atteindre le filon (couche de terre contenant l’hétérogénite). Ensuite, ils remontent, chargés de plus de 50 kilos. Ils sont fréquemment victimes d’éboulements mais ces pertes n’arrêtent pas la marche vers l’or.

Dans ces cités de bâches, j’ai été frappé par la présence des affiches chinoises qui décorent les façades intérieures des bars, hôtels, maisons, salons de coiffure Ces affiches et photomontages illustrent de grandes villes occidentales ou asiatiques. Sorte de Congo de demain. Je les intègre donc dans mon travail comme le prolongement utopique d'un futur né de l’exploitation artisanale, de l’exportation des minerais et du déplacement continu des populations.


Sammy Baloji

Sammy Baloji

Avec l'aimable autorisation de Marie Françoise Plissart.


Sammy Baloji

Né en 1978 en République Démocratique du Congo.

Vit et travaille à Lubumbashi, RDC.


Licencié en lettres et sciences humaines à l’université de Lubumbashi, il s’est d’abord intéressé à la bande-dessinée pour se tourner vers la photographie et la vidéo.Il travaille sur l'architecture comme trace, réalisant des reportages sur l'héritage culturel, industriel et architectural de sa région, le Katanga.Il a exposé dans différentes manifestations internationales telles que la biennale de Bamako, Paris photo 2011 mais aussi à la Tate Modern, à la biennale du Cap et au Addis Photo Fest en Éthiopie. The Beautiful Time in Katanga, sa première exposition personnelle aux États-Unis, est présentée en 2010 au Museum for African Art (NY), puis en 2012 au Smithsonian Museum (Washington). Il reçoit deux prix lors de la biennale de Bamako 2007 et en 2009, reçoit le prix de la Fondation Prince Claus. Il organise aussi une biennale des Arts de l’image à Lubumbashi, Rencontres Picha, dont la troisième édition aura lieu en octobre 2012. Son oeuvre est représentée dans des collections publiques et privées dont le Smithsonian, CNAP, musée du quai Branly, musée des Confluences, Arthur Walther Collection.

Atelier de Mécanique

> 23 September

10 am to 8 pm

11 €


> ticketing