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Amos Gitai - Après, 1973.

Amos Gitai

ARCHITECTURE DE LA MÉMOIRE


Nous entrons dans une église, l’église des Prêcheurs

N’étant pas français, je pensais que c’était l’église des Pêcheurs

Tout près du Rhône

François Hébel m’a précisé

Que la structure date du 15e siècle

Aussi belle que possible

Mais ensuite elle a été désaffectée pendant la Révolution française

Donc nous sommes dans une église désaffectée

Mais les paramètres architecturaux invitent encore à respecter un cérémonial pour l’observer,

Un cérémonial pour s’y déplacer, une chorégraphie.


Comment un architecte, un cinéaste ou un artiste contemporain peut-il prendre en compte cette demande de cérémonial ?

Après tout, moi, Amos Gitai, fils de Munio Gitai Weinraub, un architecte moderniste du Bauhaus

Qui travailla et étudia

avec Mies van der Rohe et Hannes Mayer,

Fils d’Efratia Gitai Margalit, qui partit rencontrer Sigmund Freud.

Deux intellectuels laïques qui m’ont enseigné une attitude mesurée vis-à-vis de la religion.


Donc j’entre dans l’église

Qui n’est plus une église mais un espace d’exposition

(c’est pourquoi nous aimons les révolutions)

et je vais situer mon travail photographique et cinématographique dans cette coquille.

Avec ces murs, je voudrais que mes images se déplacent

Pour que le spectateur puisse apprécier cette procession de fragments,

Une juxtaposition de photos et d’images en mouvement issues de différentes couches de la mémoire.


La guerre du Kippour quand j’ai été touché il y a trente-neuf ans (Images de guerre) et que j’ai photographiée lorsque je me trouvais dans cet hélicoptère de sauvetage,

Une photo de Munio au Bauhaus à Dessau et une attestation d’études délivrée par Mies van der Rohe.

À la même époque une image de ma mère Efratia,

Journal de campagne que j’ai filmé dans les territoires occupés de Cisjordanie, à Gaza et pendant la première guerre du Liban.

Des photos et des fragments d’un site, d’une colline à l’est de la Méditerranée

Où je suis né,

Le Carmel.


Alors ce travail est dédié aux relations entre une structure architecturale

donnée et une architecture de la mémoire.


Amos Gitai


Montage réalisé avec l’aide de Isabelle Ingold, Ben Gitai,

Marie-José Sanselme et Laurent Truchot.










Amos Gitai

Avec l'aimable autorisation d'Agav Films@Dan Bronfeld & Agav Films@Juliette Binoche.


Amos Gitai


Né le 11 octobre 1950 à Haïfa.

Vit et travaille à Haïfa et Paris.


Amos Gitai, architecte diplômé du Technion (Haïfa, Israël) a obtenu un PhD d’architecture à Berkeley University (Californie, USA). Il participe à la guerre du Kippour en 1973, au cours de laquelle il est blessé. Attiré par la réalisation, il débute avec House (1980). Il réalise dès lors de nombreux films. Ses oeuvres lui valent une reconnaissance internationale, consacrée par de nombreux prix dans les plus grands festivals. Quatre de ses films sont présentés en compétition à Cannes (Kadosh, Kippour, Kedma, Free Zone), quatre autres à la Mostra de Venise (Berlin Jérusalem, Eden, Alila, Terre promise). Il a mis en scène pour le théâtre. La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres

à la carrière Boulbon, festival d’Avignon 2009, puis au théâtre de l’Odéon en 2010, et proposé des installations vidéo (notamment News from Home News from House (Des nouvelles de la patrie, des nouvelles de la maison) au Kunstwerke de Berlin en 2006, Citations à la base sous-marine de Bordeaux en 2009, puis Traces au palais de Tokyo, Paris, 2010 et au Bauhaus de Dessau, 2012. De nombreuses rétrospectives intégrales de son oeuvre ont été montrées dans le monde, et notamment à Londres (British Film Institute, 1989), à Paris (centre Pompidou, 2003), à São Paulo (2004), à Berlin (2006), à New York (Museum of Modern Art, 2009), ainsi qu’à Moscou, Tokyo et Jérusalem. Il a reçu le prix Rosselini en 2005 et en 2007, ainsi qu’un Léopard d’honneur décerné par le festival de Locarno en 2008. Il a publié chez Gallimard Mont Carmel (2003), Genèses (2009) et la correspondance de sa mère Efratia Gitai en 2011.

Eglise des Frères Prêcheurs

> 26 août

De 20h à minuit

8 €


> billetterie