7 > 9 juillet 2010
Depuis sa création, la photographie a oscillé entre plusieurs statuts.
À son apparition, elle est considérée au mieux comme un « art industriel » au pire comme une technique scientifique. Très vite, elle apparaît comme novatrice lorsqu’elle est confrontée à l’événement. Elle le pouvoir de constituer le fait social et les notions de preuve, de vérité, de droit à l’image sont désormais inhérentes à ce nouveau médium. Mais il faudra que des voix s’élèvent pour qu’elle soit reconnue comme un art au même titre que la peinture et qu’elle accède à la reconnaissance des Beaux-Arts.
Problématique soulevée par Le Gray, dès 1852, qui écrit : « Depuis son origine, la photographie a fait des progrès rapides, immenses C’est en admettant au Salon, au milieu des productions des artistes, les bonnes épreuves photographiques qu’elle encouragera ceux qui s’occupent de cet art nouveau à persévérer dans leurs efforts» Photographie, traité Nouveau.
Opinion reprise par Nadar en 1856 : « Messieurs, la photographie est, jusqu’ici, oubliée dans le programme de l’exposition des Beaux-Arts en 1857. Cet oubli me paraît préjudiciable en même temps à l’art et aux intérêts que vous représentez »
En 1859, enfin, le salon des Beaux-Arts s’ouvre à la photographie.
Plus de cent cinquante ans après ces interventions historiques, personne ne songe aujourd’hui à contester l’importance du pouvoir de la photographie et de l’image car « Défendre l’image, c’est résister à tout ce qui élimine l’altérité des regards construisant l’invisibilité du sens. » L’image peut elle tuer ? Marie José Mondzain.
Pourtant, qu’elle soit documentaire, plasticienne, figurative abstraite ou simplement cet instant décisif si bien défini par Henri Cartier-Bresson, la photographie garde des spécificités propres qui faisait dire à August Sander dès 1931« En résumant ce que nous avons dit sur la photographie, nous sommes forcés de constater que nous avons à faire à un champ particulier, qui obéit à ses propres règles et parle un langage original. »
Conférence sur l’essence et le devenir de la photographie.
Aujourd’hui, à l’heure de la reconnaissance quasi universelle de la photographie comme l’un des secteurs forts de l’art contemporain, de la mise en place d’une mission d’ensemble pour la photographie au sein du ministère de la Culture et de la Communication confiée à Daniel Barroy et à Manuel Bamberger, de la prise en considération de la diversité des institutions publiques ou privées exposant de la photographie, diverses questions se posent autour de l’actualité du médium photographique :
La photographie est elle toujours un art spécifique ?
Montrer et exposer la photographie nécessite-t-il toujours des lieux, publics ou privés réservés intégralement à cet art ?
L’enseignement de la photographie représente-t-il une priorité et comment le faire ?
Pourquoi certains collectionneurs ont-ils privilégié ce médium en ciblant leur achat sur la photographie ?
Autour de trois thématiques – Exposer, Enseigner, Collectionner – trois jours pour expliquer comment la photographie produit non seulement des images mais des auteurs, des créateurs, des mondes. Un champ ouvert fait de métissages et de transgressions et qui s’inscrit naturellement dans les arts visuels. Avec pour caractéristique, commune à la photographie et l’art contemporain, la mobilité et l’aptitude à migrer et à muter.
Mercredi 7 juillet de 10h à 13h : Collectionner
Ouverture du colloque par Jean-Noël Jeanneney, président des Rencontres et François Hebel, directeur des Rencontres d’Arles.
François Cheval, conservateur en chef du musée Nicéphore Niepce, Chalon-sur-Saône
Marin Karmitz, cinéaste, producteur, créateur et animateur du réseau de salles MK2. Il présente sa collection photographique aux Rencontres 2010.
Erik Kessels, directeur de création de l’agence de communication KesselsKramer à Amsterdam. Il a présenté sa collection de photographies et d’« images rassemblées » aux Rencontres 2007.
Sylvio Perlstein, collectionneur belgo-brésilien. Il a rassemblé une collection unique à la fois par sa diversité et par sa rigueur présentée en 2007 à la Maison Rouge à Paris et en avril 2010 au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg.