Dans le prolongement de l’exposition Ndar présentée à la Galerie VU’ du 13 mai au 3 septembre, l’exposition José Ramón Bas, de l’imaginaire à l’objet propose un parcours transversal à travers l’oeuvre d’un artiste inclassable. Bas invente des objets qui conservent les souvenirs de ses expériences, de ses émotions. Voyageur infatigable, le plus souvent en Afrique ou en Amérique latine, il photographie les gens et les paysages qu’il rencontre. De retour dans son atelier en Espagne, l’imaginaire rejoint la mémoire, lorsque Bas commence à transformer ses images en objets. La photographie, multiple par nature, devient unique par les différentes interventions de l’artiste selon son inspiration : sur le tirage, il dessine des barques et des personnages, il colle des papiers argentés, il griffe à même l’image. Cette nouvelle photographie, parfaite restitution du souvenir et de son émotion, sera enfin figée dans une inclusion de résine. Comme des morceaux de mémoire encapsulés dans des blocs de résine, les objets de José Ramón Bas encouragent le rêve, invitant chacun à rassembler ses souvenirs. Les souvenirs de moments qui ne sont plus mais que les pièces créées par l’artiste continuent de faire exister indéfiniment dans notre imaginaire.
Pour l’édition 2011 des Rencontres d’Arles nous proposons une programmation de films, courts et longs, autour et par des artistes de la Galerie VU’ (auxquels se joignent quelques compagnons de route) qui s’intéressent tous à cette mince frontière entre cinéma et photographie. Des films qui nous rapprochent finalement de nos artistes, de leurs regards, de leurs sensibilités et des fictions qu’ils nous inventent. L’entre-deux de l’image, c’est aussi une réflexion sur le mouvement, le temps et le désir. Autour de l’idée d’un avant et d’un après l’image, lorsque la photographie mise en mouvement par le cinéma se métamorphose ; autour de la notion de regard ou de filiation aussi, lorsqu’un auteur, réalisateur ou photographe, choisit de prendre la caméra pour dresser le portrait d’un autre, à la recherche de l’image, cet objet de désir commun En 2010, le photographe Jean-Christian Bourcart présentait son second long métrage, En mémoire des jours à venir. Élodie Bouchez y joue le rôle de Maya, une artiste prometteuse installée à New York. Bourcart explore là un nouveau niveau de conscience découlant de la capacité des êtres à rêver ensemble, jusqu’à s’interroger sur l’existence en réalité d’un seul et même état, celui du rêve éveillé. Lorsqu’on regarde sa vidéo Bardo, les photographies de sa série Traffic, ou encore ses images et ses textes de Sinon la mort te gagnait, on comprend la cohérence de ce nouveau film au coeur de l’oeuvre de l’artiste. Une oeuvre qui va au-delà de l’image, une sorte d’entre-deux de l’image. À l’image de ce film de Jean-Christian Bourcart, la programmation proposera sur grand écran une série d’expériences et de dialogues différents. La Galerie VU’ profite ainsi d’une année de transition pour questionner, autrement qu’en l’affirmant sur le mur, cette relation à la fois exaltante et toujours mystérieuse que nous entretenons avec l’image.