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ÉDITION 2008

8 juillet - 14 septembre

Léa Crespi

Léa Crespi

Depuis huit ans, Léa Crespi développe, en s’impliquant de la façon la plus radicale qui soit, une réflexion sur la représentation de l’espace, sur le temps, sur la mémoire. Pour cela, elle s’implique avec la prise de risques maximale. Nue, le crâne rasé, elle traverse les Lieux qu’elle a choisis pour que sa plastique impeccable soit un leurre. Nous pensons en effet qu’il s’agit d’une proposition sur le nu, sur l’autoportrait. Très vite, alors qu’elle exige de son corps des efforts évidents, qu’elle l’oblige à des torsions, des positions, qu’elle le pousse à la limite de l’effacement ou de la disparition, nous percevons que l’enjeu devient celui de l’espace dans lequel il se meut. La lumière, la savante appréciation de la couleur qui fonde tout, l’apparition des variations de matières, des détails écaillés, des formes dégradées, d’objets, de câbles, de briques, de béton, de peintures, de verrières qui eurent, hier, une fonction. Et qui sont aujourd’hui à l’abandon, dans une désolation qui reste cependant une mémoire. Ces lieux ne sont plus qu’un réceptacle du temps qui fut. Un peu comme la photographie. Ce corps n’est plus un corps social mais un leurre séduisant qui nous entraîne vers une pratique du regard. Du choc « anormal » entre les deux, surgit une image qui s’impose comme une façon de parler d’aujourd’hui dans une dépendance d’hier. Léa Crespi, qui nous parle de Lieux, invente des territoires qu’elle s’approprie et dans lesquels elle nous invite sans vraiment nous en livrer les clés. Elle nous oblige à percevoir, puis penser notre place dans l’espace. Un espace qui, au rythme de l’évolution du travail, devient plus ample, plus large, plus important que la présence même du corps. Jusqu’à cette image en extérieur, étrange, qui dit à la fois la désolation, l’abandon, évoque le froid, et nous laisse démunis.

Léa Crespi

Née en 1978 à Paris.


Diplômée de l’école photographique de Vevey en Suisse en 2001, elle travaille depuis comme photographe indépendante principalement pour la presse. Entre autres Libération, Télérama, Le Monde, PhotoItalia.

La série Lieux fut exposée au Château d’Eau à Toulouse, à Séoul en Corée, à la Filature de Mulhouse et à la Galerie VU’ à Paris.

En 1999, elle reçoit le prix des jeunes talents aux Rencontres d’Arles, et est sélectionnée en 2002 pour le Prix Européen de femmes photographes