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ÉDITION 2008

8 juillet - 14 septembre

Jean-Marie Bénézet

Jean-Marie Bénézet

" JE NE SAIS PAS PEINDRE! "

Appréhender le réel comme on regarde une uvre peinte et saisir l’informe. Pour cela, les limites d’un appareil photo numérique de première génération dont le bruit devient comme la touche ou la trace d’une brosse, d’un pinceau pour une couleur limpide ou saturée comme un repentir. Mais, peut-on seulement parler d’un « travail » de Jean-Marie Bénézet ? Pour le dire autrement, on aura beau chercher, on ne trouvera chez lui aucun appétit, aucune impatience devant les choses. » Ainsi arpente-t-il les prés, les vignes et les sentes de la Petite Camargue où il vit. La palette est vaste, l’herbe, l’eau, l’ombre, la brume, la lumière dure et froide, la végétation abandonnée ou cultivée, la silhouette des animaux et des barrières de fortune qui les contiennent. Quand son regard est happé, il cadre, prend un cliché, ne fait aucune retouche, recueillant simplement l’« offrande muette » du monde. Le « travail » de l’artiste, tel qu’il apparaît dans ce que Jean-Marie Bénézet donne à voir, consiste d’abord à s’effacer pour laisser advenir le monde. Entendre par là : que le monde est gracieux, et que sa contemplation, sans volonté de dénaturer la nature – imagine-t-on pire paradoxe ? –, conduit à un ravissement et un plaisir sans pareil.


Alain Guyard

Jean-Marie Bénézet

Né en 1954 à Gallician. Vit au Cailar, France.


Après avoir pratiqué la photographie en tant que professionnel de la fin des années 1970 au milieu des années 1980 pour des applications allant du musée ethnologique aux photographies de mariage, Jean-Marie Bénézet abandonne la photographie pendant une longue période où il s’occupe d’art.

Voir, choisir et concevoir, installer des expositions, des commandes artistiques. Cette quête, cette curiosité, cette préoccupation ne laissent pas de place à une expérience artistique personnelle. Il y a peut-être aussi un temps nécessaire avant d’oser le geste artistique. Ici ce geste est arrivé presque malgré lui, avec l’achat d’un appareil numérique nécessaire aux activités d’un centre d’art.

L’appareil photo emporté lors de quelques voyages et, à l’occasion, lors de promenades quotidiennes, il se surprend à photographier ce qui arrête son regard, et qu’il regarde observe comme on contemple une uvre. Au printemps 2007, un peintre, Christian Astor, lui propose d’exposer pour la première fois.