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ÉDITION 2008

8 juillet - 14 septembre

Françoise Huguier - Cuisine communautaire, Saint-Petersbourg, 2002/2007

Françoise Hugier

« À notre complicité « mode » de plus de vingt ans, nous avons préféré montrer ses appartements communautaires de Saint-Pétersbourg après l’Afrique et la Sibérie ou le Cambodge. »

Christian Lacroix


KOMMUNALKA

Mes toutes premières journées au cur de ces appartements communautaires de Saint-Pétersbourg ont été particulièrement déroutantes. Je savais qu’il me faudrait plusieurs séjours et un sésame pour parvenir à éprouver les huis clos singuliers. Durant plusieurs années, j’ai photographié ces lieux et la vie quotidienne, des habitants et surtout Natacha, qui a rythmé mes séjours. Elle est devenue de manière implicite et sans que je le réalise vraiment, le fil rouge de mon récit, de mon envie d’être là et d’y rester. Elle incarne la quintessence des univers communautaires, du magnétisme de cette ville qui me taraude depuis tant d’années. Combien de temps suis-je restée ainsi hypnotisée par ces troublantes visions d’ombre et de lumière ? Qui m’a parlé de fantômes ? Qui m’a raconté qu’à Saint-Pétersbourg, la nuit, on pouvait voir l’invisible et rêver de l’indiscible ?


Françoise Huguier


http://pagesperso-orange.fr/francoise.huguier/

Françoise Huguier est représentée par l’Agence Rapho, Paris.

Exposition conçue avec la complicité de Christian Caujolle.

Exposition réalisée avec le soutien du laboratoire Dupon digital Lab.

Françoise Huguier

Née en 1942 en France. Elle vit et travaille à Paris.


Grande voyageuse, elle est passionnée par l’Afrique dont ses photographies feront l’objet de deux ouvrages : Sur les traces de l’Afrique fantôme, sur les traces de Michel Leiris, et Secrètes, dans l’intimité des femmes africaines, publiés respectivement en 1990 aux Éditions Maeght et en 1996 aux Éditions Actes Sud.

En 1998, elle expose À l’Extrême à la Maison Européenne de la Photographie, travail de plusieurs années dans le Kwazulu-Natal en Afrique du Sud.

En 1991, elle découvre les photographes Seydou Keita et Malick Sidibé (lauréat du Prix international de photographie en 2003) et contribue à faire connaître leur uvre, puis crée les premières Rencontres Africaines de photographie à Bamako en 1994.

Lauréate de la Villa Médicis hors les murs pour Sur les traces de l’Afrique fantôme, elle reçoit à nouveau cette distinction en 1993 pour son livre En route pour Behring aux Éditions Maeght, journal de bord d’un voyage solitaire en Sibérie. Ce travail lui vaut un prix au World Press cette même année. Puis elle décide de passer plusieurs années à Saint-Pétersbourg où elle tourne un film en 2007 sur un appartement communautaire, un huis clos, et réalise Kommunalka, édité par Actes Sud en 2008.

En 2006, elle retourne sur les traces de son enfance de prisonnière des Viêt-minh au Cambodge et sort un livre intitulé J’avais huit ans (Actes Sud).

Depuis 1983, deux fois par an, elle aime photographier les défilés de haute couture et pénétrer dans les ateliers.