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ÉDITION 2009

7 juillet - 13 septembre

René Burri - Coupure d’éléctricité dans le quartier nord-est, New York, Etats-Unis, 9 novembre 1965.

René Burri

BLACKOUT NEW YORK – 11/09/1965

Le 9 novembre 1965, les lumières s’éteignirent à New York. Une panne d’électricité frappa vers 17 h 30 cette ville de plusieurs millions d’habitants et, avec elle, une large part du Canada et les États du Connecticut, du Massachusetts, le New Hampshire, Rhode Island, le Vermont, le New Jersey et l’État de New York. En tout, 25 millions de personnes furent concernés dans un rayon de plus de 200 000 km2. René Burri se trouvait alors dans le studio de son ami Elliott Erwitt, au coin de la 59e rue et de la 5e Avenue. Il était précisément en train de couper son film sur la Chine lorsque, d’un seul coup, il fit noir. Burri comprit la chance de la situation. Armé de son Leica et de huit rouleaux de pellicule, il se jeta dans un chaos nocturne, très ponctuellement éclairé, et photographia jusqu’à plus de minuit. La série de René Burri n’est pas, dans le sens strict, un reportage. C’est une méditation sur la lumière ou plutôt sur son absence. Une réflexion sur la vision – et ainsi sur la photographie elle-même. Nous entrons dans une galerie de sculptures faiblement éclairée. La lumière tombe tel un stroboscope sur les pièces d’expositions. Parcimonieuse, vague, précise. Une grande poésie émane de ces images. Aucun fait n’est référencé. Burri conte une fable dans laquelle disparaît l’une des évidences pour les hommes : la lumière. Pour un temps indeterminé, la métropole dut adopter un nouveau comportement. Une nuit durant, René Burri poursuivit les évènements, marchant lui-même avec flash. La lumière parcimonieuse sculptait des formes, et René Burri, par son travail, s’en fit le témoin. Il développa les films à New York en novembre 1965, en fit des contacts, choisit des images isolées. Quelques-unes furent tirées en petit format (18 x 24 cm) mais disparurent ensuite dans une boîte. Finalement, la série resta inédite. Ce n’est qu’en 2004, grâce à Hans-Michael Koetzle, le commissaire de la grande rétrospective «René Burri », qu’elle fut redécouverte dans les archives du photographe. L’exposition dans le cadre des Rencontres d’Arles présente pour la première fois environ 40 photographies jusque-là inédites. Suivra un livre aux éditions Moser Verlag de Munich.


www.magnumphotos.com/reneburi

Photographe membre de Magnum Photos depuis 1959.

Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan.

René Burri

Né en 1933 à Zurich, Suisse.

Vit et travaille entre Zurich et Paris.


Formé à l’École des arts appliqués de Zurich, René Burri tourne plusieurs films documentaires entre 1953 et 1955. Il commence à photographier avec un Leica au cours de son service militaire.

En 1955, il devient membre associé chez Magnum. Touch of Music for the Deaf, le premier de ses reportages sur les enfants sourds-muets, paraît dans Life et lui vaut une reconnaissance internationale.

En 1956, il sillonne l’Europe et le Moyen-Orient, puis se rend en Amérique latine où il réalise une série sur les gauchos qui paraît en 1959 dans le magazine Du. Il photographie, pour ce périodique, plusieurs artistes (Picasso, Giacometti et Le Corbusier). Devenu membre de Magnum en 1959, le photographe publie Die Deutschen en Suisse, en 1962, avant d’être édité par Robert Delpire en 1963 sous le titre, Les Allemands. En 1963, il est à Cuba et photographie Ernesto « Che ». Ses portraits feront le tour du monde. En 1965, il participe à la création de Magnum Films et réalise Two Faces of China pour la BBC.

Tout en s’occupant de la galerie Magnum, ouverte à Paris en 1962, il poursuit son activité de photographe et réalise dessins et collages. En 1998, l’Association allemande de Photographie lui décerne le prix Erich Salomon, et en 2004-2005, la Maison européenne de la Photographie, à Paris, lui consacre une vaste rétrospective présentée ensuite dans de nombreux musées en Europe et en Amérique latine.