Ajax loader

ÉDITION 2009

7 juillet - 13 septembre

Nan Goldin - Nan et Brian au lit, New York, 1983

The Ballad of Sexual Dependency

Profondément personnel, The Ballad of Sexual Dependency est le journal intime visuel de Nan Goldin. Depuis plus de trente ans, Nan Goldin fait la chronique de sa vie et de sa famille étendue à Boston, Berlin, Londres, Tokyo, en Égypte et dans le Lower East Side new-yorkais. Cette exploration l’a amenée à bâtir un portrait de son univers et de notre époque.

La sexualité est au coeur de l’oeuvre de l’artiste. Ses photographies démantèlent les codes de l’identité sexuelle – qu’ils soient obéis, ignorés ou transgressés. Ses images sont plus que des récits à un seul niveau : leur structure répond à une interaction dense entre des personnages et des thèmes dont résulte une oeuvre retentissante, presque musicale, qui se fait l’écho de l’ambivalence et de la complexité. Nan Goldin a regroupé ses photographies en séquences caractéristiques : les femmes seules et en groupe ; les hommes seuls et en groupe ; les enfants, le mariage, les couples, la mort. Elle examine les glissements comportementaux en relation au contexte social et crée ce que J.Hoberman du Village Voice appelle une « taxonomie sexuelle des années 1980 ». Son travail se manifeste quelque part entre la poésie et le roman-photo, entre le cinéma et la littérature, ou encore entre la photographie d’art et le cliché amateur. La photographe exige que le spectateur plonge sous la surface, si luxueuse que soit sa mise en lumière et en couleur, si provocante que soit sa mise en scène. Elle va au-delà des préjugés sexuels et sociaux pour éclairer les recoins de la culture contemporaine, et ce, sans l’aliénation et la condescendance des médias grand public. Nan Goldin photographie en tant que participante, et ce point de vue personnel rend son travail d’autant plus émouvant. Comme elle écrit dans ses notes sur La Ballade, « ceci est ma famille, mon histoire ».


Mark Holborn, in The Ballad of Sexual Dependency, Aperture, 1986.


Réalisation par Nan Goldin.

Traitement vidéo et post production par Laurent Langlois.

Nan Goldin

Née en 1953 à Washington, Etats-Unis.

Vit et travaille à Paris et à New York.


Nan Goldin commence à photographier à l’âge de 15 ans. Sa première exposition de photographies noir et blanc a lieu au début des années 1970. Elle obtient son diplôme (Bachelor of Fine Arts) de la School of the Museum of Fine Arts à Boston en 1977. Elle s’installe à New York en 1978 et continue à documenter sa « famille étendue ». Ces photographies deviennent le sujet de ses diaporamas et son premier livre, The Ballad of Sexual Dependency, publié en 1986. Une uvre innovante où, pour la première fois, une femme utilise la photographie pour présenter les détails intimes de sa vie personnelle sous la forme d’une uvre d’art, et devient une source d’inspiration pour toute une génération d’artistes. En 1985, son travail est montré à la biennale de la Whitney Museum of American Art. Elle jouit aussitôt d’une renommée internationale. En 1987, elle commence à travailler avec la galerie Pace/MacGill à New York et, en 1989, organise sa première exposition sur le sida. En 1991, elle s’installe à Berlin, bénéficiant d’une bourse du DAAD, et continue à y vivre jusqu’en 1994.

Elle collabore avec Scalo à partir de 1992 et publie son second livre, The Other Side, un travail sur les drag-queens entre 1972 et 1992. Elle participe à de nombreuses collaborations artistiques, dont les livres A Double Life avec David Armstrong, un ami de longue date et Tokyo Love avec le photographe japonais Nobuyoshi Araki (tous les deux publiés en 1994). En 1996, une grande rétrospective de ses uvres, I’ll be your Mirror, a lieu à la Whitney Museum à New York avant d’entreprendre une tournée dans les musées européens. À cette période, représentée par la galerie Matthew Marks à New York et la galerie Yvon Lambert à Paris, elle continue d’exposer aux États-Unis et en Europe et publie de nombreux livres.

En 2000, elle s’installe à Paris. Aujourd’hui, elle vit et travaille entre Paris et New York. En 2001, une deuxième rétrospective, Le Feu follet, se tient au Centre Pompidou à Paris et tourne à travers le monde sous le titre Devil’s Playground dans des lieux tels que la Whitechapel Art Gallery (Londres), le Reina Sofié (Madrid), la Fundação de Serralves (Porto), le Castello di Rivoli (Turin) et le château Ujazdowski (Varsovie). Un gros volume paraît en relation avec cette exposition, Devil’s Playground, publié par Phaidon.

Son installation multimédia Surs, Saintes et Sibylles, présentée lors du Festival d’automne de 2004, attire la plus forte fréquentation jamais vue à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Cette uvre, combinant l’image fixe et animée projetée sur trois écrans, raconte l’histoire de trois femmes prises au piège de la hiérarchie masculine. Elle rend hommage à sa sur Barbara, dont la rébellion et le suicide ont tant marqué sa propre vie et son uvre. Elle continue de créer des nouveaux diaporamas, également exposés partout dans le monde.

Parmi les prix et les bourses dont elle a été récompensée, Nan Goldin a été nommée commandeur des Arts et des Lettres en 2006 et a reçu la médaille de la Ville de Paris en 1994.

Ainsi que d’autres distinctions : le Prix Hasselblad, Suède en 2007 ; le livre The Beautiful Smile chez Steidl en 2007 ; le Brandeis Award in Photography en 1994 ; le Programme d’artistes en résidence du DAAD, Berlin en 1991 ; le Prix Camera Austria en 1989 ; le Kodak Photobook à Arles en 1987 et le Prix Englehard, Boston en 1986.