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ÉDITION 2009

7 juillet - 13 septembre

Oan Kim

Oan Kim

Oan Kim sur un texte de Laurent Gaudé

JE SUIS LE CHIEN PITIÉ

Cette série procède d’une rencontre et des affinités sélectives et secrètes que chaque créateur entretient avec un mode d’expression qui lui est radicalement autre. Le photographe Oan Kim et l’écrivain Laurent Gaudé ont imaginé un récit grave où la confrontation des photographies et du texte donne lieu à une lecture et à une vision qui ne procédent pas seulement de leurs ressorts propres mais qui ouvrent l’hypothèse d’un imaginaire ambivalent. Dans une ville dévastée où l’ordre et la lumière semblent s’abolir, des êtres fantomatiques vaquent à d’incertaines activités dans des décors de fin d’un monde. Un homme – peut-être un survivant encore doué de raison – parcourt solitairement des rues en friche, des espaces urbains dépeuplés et comme souillés, s’interrogeant sur la disparition et l’abandon apparents de tout et de tous. Cette errance hallucinée va pourtant révéler petit à petit au marcheur des « formes » cachées, enfouies, presque invisibles à l’oeil pressé, qui s’avéreront être les présences et stigmates singuliers et tragiques d’une population oubliée. Laissant libre cours à sa douleur et à sa révolte, l’homme – mais s’agit-il encore d’un homme ? – s’adresse alors à Dieu pour lui signifier violemment le constat de son incommensurable absence. La cité d’Oan Kim, qu’éclairent des soleils monochromes et que maculent des ombres d’encre, semble inconnue de nous. La pluie, l’urine, le déchet, le graffiti deviennent, sous son objectif, les acteurs d’une scène souterraine qui nous corrodent et nous détruisent à notre total insu.


B.R.


www.myop.fr/fr/series/oan-kim

Oan Kim

Né en 1974, à Saint-Denis, France.

Vit et travaille en France.


Oan Kim a étudié les arts plastiques à l’école nationale supérieure des beaux-arts de Paris, et l’écriture musicale au conservatoire national supérieur de musique de paris.

Co-fondateur de l’agence M.Y.O.P, il partage aujourd’hui son temps entre son travail de photographe plasticien et celui de musicien au sein du groupe Film Noir.

Dans ses photos il développe depuis dix ans une approche subjective de sujets proches du documentaire, où une recherche formelle et plastique va de pair avec un questionnement intime du réel. La série Fanfares (commande du CNAP en 1999) transcrivait les excès juvéniles du milieu des fanfares étudiantes françaises, celle sur la Plage réalisée à Hawaï avec une bourse du FIACRE théâtralise le dénuement mystérieux des bords de mer.

Plus récemment, la série Useless reprend le thème des Vanités abordé auparavant dans une série sur le trottoir, en y développant les relations image/mot.

Depuis quelques années, son travail se concentre sur la ville et les rues, entre documentaire et journal intime, entre émerveillement visuel et questionnement de l’expérience de spectateur.