Belle Journée En Perspective est la réunion de photographes ayant développé de 1976 à 1982 une pratique collective de la photographie, comprenant lors de sa formation Alain Bali, David Cosset, Philippe Dubois, Gérard Cholot, Jean-Luc Maby, Daniel Ollier et de quelques électrons libres : Richard Balthaus, Gilles Cappé. Dès 1977, à la suite de prises de vue de rockers en studio et extérieur, Alain Bali, David Cosset, Jean-Luc Maby captent l’émergence du mouvement punk en France et en Angleterre et en suivent les méandres et mutations identitaires jusque dans ce que le critique de rock Yves Adrien qualifie dans un article de Rock & Folk en 1978 d’After Punk : « Le Punk + la distance : tel est l’Afterpunk, une glace sans tain pour voir le rock sans être vu. Concept au-delà de tout concept, l’Afterpunk ne se limite pas à la rue (quelle rue ?) ou à la violence (quelle violence, celle de mars ou de septembre ?). L’Afterpunk glisse, lisse, au ras de la peau (feu du rasage) : son ronronnement électrique avale tous les clichés collés à vos joues. L’Afterpunk est une lotion pour le futur. Le spectre sensuel de l’Afterpunk se situe entre le prolétariat le plus brutal et l’aristocratie la plus free. Night clubbing d’Iggy Pop, est le premier classique de l’Afterpunk. L’Afterpunk est un jeu où l’acteur, pareil à une lame, s’émousse ou s’aiguise. L’Afterpunk est une métamorphose». En 1979, une exposition à la galerie Agathe Gaillard, saluée par le pape de la contre-culture Jean-François Bizot rassemble sous le titre I Am A Cliché, des photographies de ces jeunes gens modernes qui d’Asphalt Jungle à Stinky Toys, de Métal Urbain à X Ray Spex, de Polystyrene à Patrick Eudeline ont fait de leur vie une scène punk.