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ÉDITION 2010

3 juillet - 19 septembre

Sue Rynski

Née à Detroit, Michigan, Sue Rynski vit et travaille à Paris où elle poursuit sa réflexion sur la scène, cette arène privilégiée des corps électriques, des musiciens et performers de l’underground, et rendant palpable combien, selon les mots de John Sinclair, manager des MC5, le rock est « l’une des forces révolutionnaires les plus vivantes au monde, qui ramène les gens à leurs sens et les fait se sentir bien, comme s’ils étaient vivants à nouveau au milieu de cette morgue monstrueuse qu’est la civilisation occidentale ». Diplômée de l’University of Michigan School of Art, elle est happée par l’énergie jubilatoire de la scène de Detroit de la fin des années 1960 et des années 1970, suivant le collectif artistique et groupe rock Destroy All Monsters. Elle s’installe au Bookie’s Club 870, épicentre de cette effervescence, pour saisir jusqu’au bout de la nuit les différents actes de ce théâtre de la cruauté inspiré d’Antonin Artaud que rejouent sur le mode punk Iggy Pop, Patti Smith, Ron Asheton, Niagara, The Dead Boys ou Johnny Thunders. Ses photographies, qui ont illustré de nombreux articles des revues rock, telles Cream Magazine ou New York Rocker, sont prises dans une fulgurance qui rend palpable l’intensité des clairs-obscurs et capte la beauté sauvage des corps en mouvement, notamment celui d’Iggy Pop défiant son public avec les Stooges dans un face-à-face intense et d’une violence sonore et scénique extrême qui éclate dans I Wanna Be Your Dog, Search And Destroy ou Gimme Danger. C’est lui qui en saisit le mieux la poésie onirique et sombre : « Ces clichés sont obsédés et sales. Putain, si tu étais monsieur Tout-le-monde, tu regarderais tout ce “merdier” et tu le demanderais ce que ces gens essayaient de faire. Ces gens recherchaient la vérité là où il n’y en avait pas. Putain que j’aime ça, les bouteilles de bière et tout le reste. Néanmoins, c’est un peu triste pour moi d’imaginer comme tout ça est devenu poussière et a disparu tels des cheveux graisseux dans le trou noir d’un syphon. »

Emma Lavigne


Encadrements réalisés en partie par Jean-Pierre Gapihan.