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ÉDITION 2010

3 juillet - 19 septembre

Stephen Shore

Stephen Shore, photographe américain né en 1947 à New York, commence la photographie dès l’enfance lorsqu’il découvre le livre American Photographs de Walker Evans. Avant de devenir une figure emblématique des coloristes américains des années 1970, sillonnant les vastes paysages des États-Unis, immortalisés par exemple dans sa série des Uncommon Places, il est un des très rares photographes à fréquenter assidûment la Factory d’Andy Warhol de 1965 à 1967. Il tire des photographies en noir et blanc de ce microcosme du New York underground. Warhol et les artistes qui gravitent dans cet atelier collectif ont une influence décisive sur son travail. À l’instar de Warhol qui affirmait peindre comme une machine, Stephen Shore met au cur de sa recherche des « signes d’indifférence », une distanciation certaine par rapport aux modèles photographiés, une quête de la banalité. La prise de vue systématique, à intervalles réguliers, n’attend pas de saisir un instant décisif, mais propose une lecture séquentielle de la vie de cet atelier phalanstère, en saisit la pulsation essentielle, au rythme des répétitions du Velvet Underground. Ses clichés du groupe en train de répéter sont des témoignages essentiels qui permettent de comprendre les connivences et échanges entre le Velvet Underground et l’hôte de la Factory. « Nous étions faits l’un pour l’autre. Les sujets des chansons, écrites avant notre rencontre, correspondaient parfaitement avec les sujets de ses films. Andy nous a donné l’occasion d’être le Velvet Underground. Concrètement, nous n’étions rien, zéro, personne ne nous connaissait, personne ne s’intéressait à nous. () De temps en temps, il nous disait aussi “ N’oubliez pas surtout de faire cette chanson avec des mots dégoûtants, ne changez pas le texte, et surtout, jouez-la en version longue !” Ou alors “ Pourquoi n’écris-tu pas une chanson sur Edie Sedgwick ? Ne penses-tu pas que c’est une Femme fatale, Lou ? ” Alors j’ai écrit Femme fatale. Il me faisait souvent ce genre de suggestions, à la suite desquelles je me mettais à écrire », précise Lou Reed.

Emma Lavigne


Encadrements réalisés par Jean-Pierre Gapihan.

Exposition réalisée avec la collaboration de la 303 Gallery, New York.