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ÉDITION 2010

3 juillet - 19 septembre

Claude Gassian, Siouxsie Sioux, Paris, 1982.

Claude Gassian

On connaît tous ses portraits : Patti Smith au cimetière du Père-Lachaise ; Prince dans une loge désolée ; Muddy Waters dans son lit d’hôtel ; Keith Richards et Mick Jagger plaisantant dans un avion visiblement vide Tricky ou les Kills, loin de leur image officielle, capturés le temps d’un instant décalé, unique, qui les révèle et les éclaire. Dans le monde bruyant et surexposé de la scène musicale, Claude Gassian traque dans l’urgence les moments rares où, souvent au beau milieu du fracas et l’agitation, le bruit s’estompe soudain, la lumière devient plus subtile, le décor moins évident et la star plus authentique que jamais, presque anonyme.

On connaît moins le travail personnel du photographe. Ses images d’auto routes désertes, hantées de pontons aux allures d’étranges monuments païens. Sa série noir sur blanc de tracés électriques quasi-abstraits, inventant comme une nouvelle calligraphie. Ses architectures vides baignant dans une fragile et bien étrange sérénité. Depuis des années, Claude Gassian profite des moments perdus au cours de ses voyages, entre hôtels et aéroports, pour développer une recherche formelle a priori totalement opposée – mais ô combien complémentaire – à son activité principale. Pour figurer un monde sans regards ni visages. Pour arpenter des paysages silencieux et intemporels, aux antipodes de ses portraits d’artistes. Du moins en apparence


Philippe Blanchet


Claude Gassian remercie Richard Schroeder.

Exposition réalisée avec le soutien de Gares & Connexions.

Tirages réalisés par Central Color et Toros Lab.

Encadrements réalisés par Circad.

Claude Gassian

Né en 1949 à Paris.

Vit et travaille à Paris


Pour être au plus près de sa passion que Claude Gassian s’empare du boîtier paternel, à l’aube des années 70. Pour être contre la scène ou dans les coulisses.

Pour voir Led Zeppelin à l’Olympia fin 69. Hendrix à l’île de Wight... Concert après concert, le photographe affine son cadre et signe ses premières parutions dans la presse musicale (Best, Rock & Folk...), avant de s’imposer comme un partenaire incontournable de la presse généraliste. Mais la véritable révélation photographique s’opère quelques années plus tard avec l’explosion du rock, l’émergence d’une nouvelle génération plus incisive, mais aussi plus disponible

Claude Gassian développe alors un style, unique en son genre qui lui ouvrira l’intimité des plus grands. Eurythmics en 1986, The Rolling Stones ou encore Prince l’emmènent en tournée dans les années 1990...

Il poursuit, avec plusieurs artistes français, ses expériences photographiques qui donnent naissance à différents ouvrages dont celui consacré récemment à Vanessa Paradis. Plusieurs livres (Rock Images en 1990, ou Claude Gassian photographies 1970-2001, un imposant volume publié en 2001 aux éditions La Martinière), ainsi que de nombreuses expositions (galerie Acte 2 en 2002, musée d’Art contemporain de Lyon en 2003, Govinda Gallery, Washington en 2007...) retracent l’ensemble de son travail. Au cours des années 1990, en marge de ses photographies de musiciens, Claude Gassian développe une recherche très personnelle sur des structures graphiques et des paysages urbains.