Ajax loader

ÉDITION 2010

3 juillet - 19 septembre

Jean Pigozzi - Keith Richards, Meadowlands Arena, New Jersey, Etats-Unis 1981

Jean Pigozzi

Je suis un peu dyslexique et je n’ai aucun talent pour le dessin, donc écrire et illustrer un journal intime ne me correspond pas vraiment. En revanche, la photographie m’a toujours été naturelle. J’ai commencé à prendre des photos à l’âge de sept ou huit ans et, cinquante ans plus tard, je continue. Je photographie avant tout mes amis, mon entourage, l’architecture, les paysages, les plats qui me donnent faim, les gens que j’admire, les femmes que je désire ; mais aussi les chiens, les arbres, les icebergs, et réalise de nombreux autoportraits. Ce n’est pas que je me trouve particulièrement intéressant ou attirant, mais j’ai l’avantage d’être toujours disponible, je ne me plains jamais si la lumière me vieillit, et je ne risque pas de dire : « Pourquoi tu mets l’appareil si près de mon nez ? » J’aime aussi faire des autoportraits avec des gens célèbres – c’est un petit défi plus amusant que de leur demander un simple autographe.

J’ai longtemps fait de la photo argentique, mais les machines à rayons X des aéroports ont détruit tellement de mes négatifs, que j’ai fini par passer au numérique, il y a quatre ans. Le numérique, c’est une démarche différente, peut-être trop facile, mais moins chère et plus rapide, donc bien adaptée au journal intime. J’ai l’intention de continuer à photographier aussi longtemps que possible.


Jean Pigozzi


Exposition réalisée avec le soutien de BMW.

Encadrements réalisés par Circad

Jean Pigozzi

L'homme d'affaires italien Jean Pigozzi a grandi en France, puis étudié à Harvard où il est diplômé en 1974. Il vit aujourd'hui entre la Suisse et divers autres lieux, notamment dans la jungle de Panama.

Pigozzi a commencé à photographier à l'âge de sept ans. Sa première exposition s'est tenue au musée d'Art moderne de Paris en 1974. Il a présenté des expositions personnelles à la Light Gallery (New York) en 1980 et à la Gagosian Gallery (New York) en 1990. Plus récemment, l'exposition collective Pigozzi and the Paparazzi s'est tenue à la Fondation Helmut Newton (Berlin) en 2008.

En 1989, avec le commissaire français André Magnin, il se lance dans un projet qui donnera lieu à la plus grande collection d'art contemporain africain, le CAAC, et qui figurera régulièrement dans des musées autour du monde comme le Museum of Fine Arts de Houston (MFAH), le musée Guggenheim de Bilbao, le Tate Modern (Londres)

Jean Pigozzi commence dès 1996 à acheter du terrain à Bahia Honda (Panama) et dans les alentours, essentiellement dans un but de conservation. En partenariat avec l'Institut tropical de recherche du Smithsonian, l'Institut océanographique de Woods Hole et le Jardin botanique royal de Madrid, Pigozzi crée le Liquid Jungle Lab afin d'appliquer la technologie de pointe au domaine de la conservation.

En 2008, il lance une marque de vêtements haut de gamme, LimoLand avec pour cible les ROM (Rich Old Men, ou Vieux Riches). Il continue à prendre des photographies tous les jours. Son dernier livre, Catalogue déraisonné, publié chez Steidl/Dangin, sera présenté cet été à Arles.

Parmi ses ouvrages précédents citons : Pigozzi's Journal of the Seventies (1980) publié par Doubleday et A Short Visit to Planet Earth (1990) publié par Aperture.